J'ai parfois à subir dans mon école ce que j'appelle des agressions idéologiques, c'est-à-dire une vérité toute faite énoncée comme la vérité vraie, et pas comme une idée ou une interprétation. Comme par hasard (ou est-ce parce que je suis un peu biaisée idéologiquement moi aussi...?) ces idées lourdes de préjugés sont de droite.
Allez, deux exemples symboliques et assez gros.

  • Quasiment tous les intervenants professionnels nous ont évoqué et inculqué, pour nous apprendre les besoins humains, la pyramide de Maslow. Ce chercheur américain disait que pour avoir un besoin "supérieur", il fallait avoir assouvi le besoin "inférieur", c'est-à-dire qu'on ne peut même pas penser à être estimé dans la société si on a le ventre vide, que la faim ferait automatiquement se conduire un humain comme une bête sans envie ni de sécurité ni de réalisation de soi. Évidemment, c'est une pure connerie, et les exemples contraires abondent, comme nous l'a enfin dit notre prof de sociologie en cassant cette pyramide à grands coups de pieds rageurs : "c'est du pipeau", "c'est ethnocentré", "c'est une connerie". Ça m'a réconcilé avec le Celsa tiens, tout n'est pas perdu. :)
  • En cours de droit(e), notre professeure, qui travaille à PCD, nous parle des représentants du personnel, et des griefs que font remonter les délégués du personnel. Évidemment, les délégués ne font jamais remonter des choses bien graves, mais tout ce qui concerne la vie de tous les jours (clefs des toilettes, vestiaires, petits conflits personnels...). La liste de ces griefs a permis de jouer à moquons-nous des ouvriers. Comme cette histoire où un petit chefaillon sadique a empêché une ouvrière d'aller chez le dentiste pour une rage de dents, que la prof nous a raconté avec un air de non-mais-rendez-vous-compte-elle-aurait-pu-faire-autrement... Oui, vraiment, quelle conne cette ouvrière...

D'aucuns me diront que faire des études de ressources humaines conduit à fréquenter ce genre de personnes qui ne disent pas "licenciement" mais "séparation", ou encore que je suis un sale petit gauchiste utopiste et irréaliste... Ben moi je répondrais que la vraie vie ce n'est pas penser les besoins humains dans cet ordre, ce n'est pas mépriser des besoins élémentaires, c'est considérer autrui comme un être humain à part entière, avec les mêmes besoins physiologiques que moi et des aspirations (parfois) tout aussi respectables que les miennes.