Ce matin il faisait froid, et il est même tombé des gouttes gelées, le genre de truc qui donne envie de vite rentrer chez soi pour prendre un grog/chocolat chaud/vin chaud/café. Sauf que je ne pouvais pas, je suis allé distribuer sur le marché des tracts pour Gérard Eude (ce tract) et Huchon (sur la solidarité et plus particulièrement les femmes).
On ne peut pas mettre de gant, car sinon on ne peut pas saisir les papiers, et c'est plutôt ennuyeux... Donc les doigts s'engourdissent, et au bout d'un moment, on ne peut plus saisir les papiers. Il nous manquait un brasero, franchement.
Qu'on se figure le marché de Torcy, avec un groupe PS/Verts, un groupe UDF, un groupe UMP arrivé quand j'ai décidé de rentrer chez moi, un groupe PC (mais chut, il ne faut pas dire que c'est le PC, ils ne l'ont même pas écrit sur leur tract)... Entre la multitude des partis et les deux élections qui se chevauchent, imaginons un instant le ras-le-bol des gens. Il va sans dire qu'on essuie nombre de refus plus ou moins polis, mais un refus net et poli est préférable à une excuse bidon ou un regard fuyant. Notons tout de même qu'une femme nous a demandé s'il était possible de voter à sa place, avec une procuration, car elle était en vacances le 21 mars. Ça fait toujours plaisir.
Ceci dit, le marché, c'est plus sympa que le RER le matin, où c'est cauchemardesque. Déjà c'est plus tôt, et personne n'est vraiment enclin à s'arrêter pour discuter. Normal. :) Par contre les tracts sont plus lus le matin quand les gens ont le temps une fois assis dans le wagon, qu'au marché où nombre de tracts finissent dans le cabas, la poussette, le panier...

Bon, j'en reviens toujours au même problème : comment peut-on refuser un tract politique de la même manière qu'on refuse un échantillon de shampooing ? Je sais bien que le vote n'est pas la panacée, mais c'est un tout petit moyen d'avoir une prise sur le déroulement des choses, de ne pas glisser dans la vie sans rien faire, sans au moins croire qu'on peut faire quelque chose. Ça doit être terrible.
Ou au contraire, ça rend le vie plus simple, c'est la fatalité, on n'y peut rien et on fait avec. J'y penserai plus tard, après le 13 juin. Ceci dit, comprenant la démotivation et les raisons des abstentionnistes, je ne sais que dire pour les convaincre d'aller voter. :-/