Madrid en deuil
Par Adrien le vendredi, mars 12 2004, 15:58 - divers - Lien permanent
Vraiment, je ne trouve pas de mots assez forts pour l'horreur que j'éprouve en pensant aux attentats madrilènes... J'arrive juste à me dire que c'est dans ce genre de moment qu'on s'aperçoit que l'Europe est une réalité, elle se sent touchée, frappée. Moi-même j'ai vu les Madrilènes comme des Parisiens prenant le RER le matin... comme moi, mes amis, ma mère.
En revanche, un peu plus à froid, j'ai peur que le terrorisme continue à servir d'excuse pour tout et n'importe quoi. Deux exemples...
- On annonce déjà que la "reprise" est cassée à cause de l'attentat. Exit la zoulie croissance promise ?
- Le plan Vigipirate est déjà réhaussé... si l'implication d'Al-Qaïda se confirme, je n'ose imaginer la psychose qui va s'emparer de Paris, Rome, Londres...
J'espère que la démocratie saura réagir comme une démocratie, avec comme arme la loi, la justice, le respect de la personne humaine. Que l'Europe ne devienne pas l'Etat pseudo-fasciste états-unien.
Je pleure les morts. J'aimerais tant pouvoir le crier en espagnol...
[Ajout du samedi 13 mars] Et merde... la piste islamiste se confirme. Après New York et Bali, Madrid. À qui le tour ?







Commentaires
Lloro los muertos. :,(
Pfff, les US un etat pseudo-fasciste, c'est nawak. Deja que fasciste ca veut pas dire grand chose (a part que c'est pejoratif), mais pseudo-fasciste ...
Cela dit Lloro les muertos ...
Moi aussi j'ai une grande peine et une grande tristesse quand je vois les images de l'attentat... Moi aussi je me sens touché, comme tout le monde je pense. Le 11 septembre 2001, tout le monde se sentait aussi américain, devant cette terreur. Aujourd'hui, tout le monde se sent espagnol. Quand je vois cette marée humaine qui a envahi, deux soirs de suite, les rues du pays, cela ne peut que m'émouvoir et me faire me sentir concerné. A Saint-Brieuc, où comme partout en France les drapeaux sont en berne, la mairie a fait hisser en plus des drapeaux espagnols, eux aussi en berne, sur la mairie et à la place de certains drapeaux sur la place de la gare, ou sur un grand lieu de passage dans le centre ville...
Peut-être est-ce dans la tragédie que les Européens prendront enfin conscience que nous sommes tous unis, qu'une tragédie qui touche un espagnol peut autant émouvoir un français qu'un allemand ou qu'un hongrois ?
Quelques bémols... Après le 11 septembre 2001, en deux semaines, les USA se sont totalement recroquevillés sur eux-même, en adoptant des lois liberticides (Patriot Act)... J'espère que l'Europe saura ne pas tomber dans le même piège du tout sécuritaire (même si on y a le droit, dans une moindre mesure, depuis le 11 septembre, justement).
Autre bémol, même s'il est normal d'en parler beaucoup, certains journaux en font peut-être un peu trop... En font trop en faisant un reportage sur le fait que les lignes de banlieues sont détournées, en font trop en faisant un reportage sur l'ambiance le lendemain matin (ça alors, les gens sont tristes...), en font trop en rapportant des calculs de coïncidence numérologistes... Ha, parait-il qu'il y aurait 911 jours entre le 11/09/01 et le 11/03/04... En fait, calcul fait rapidement avec le tableur d'OpenOffice (et mon interpréteur Python favori pour vérifier), il y en a 912...
Dernier bémol enfin, il semble que le gouvernement d'Aznar ne tienne à maintenir la piste de l'ETA pour des raisons électoralistes. Si tel est le cas, c'est minable, médiocre et crapuleux.
Mais au final, peu importe qui a fait ça. Le résultat est le même et cela ne nous ramènera pas les morts.
Moi, je ne me sens pas plus espagnole que je ne me suis sentie américaine après le 11 septembre.
Je me sens démocrate frappée au coeur par des extrêmistes qui rêvent de détruire nos valeurs.
Comment réagir face à ces gens qui ne respectent pas la vie des autres ?
Ou qui nous considèrent toutes et tous comme des cibles ?
En réagissant comme les espagnols, peuple qui m'inspire un tel respect face à ce drame que les mots ne suffiraient pas à exprimer mon admiration : rester debouts face au terrorisme, face aux ennemis de la démocratie, de notre civilisation, de nos valeurs.
Et, cela parait bien dérisoire mais tellement vrai : voter ! Voter pour qui nous voulons, mais montrer que la démocratie n'est pas le plus mauvais système, montrer que nous ne désertons pas et que nous défendrons nos valeurs.
Plus nous nous réfugierons dans la peur, dans l'angoisse, plus nous pourrons imaginer leurs ricanements, leur satisfaction de nous voir effrayés.