Meeting d'Huchon, dernière avant le test
Par Adrien le vendredi, mars 19 2004, 12:36 - campagnes électorales 2004 - Lien permanent
C'était hier le dernier meeting de Jean-Paul Huchon avant le premier tour des élections régionales, au Palais des sports de Créteil. On sent que c'est important et que pour la gauche la portée des résultats de l'Île-de-France est nationale, car il y avait du (très) beau monde.
En conclusion de ce billet, une petite pensée sur l'ambition en politique.
Jugez plutôt :
- A la tribune :
- Laurent Cathala (maire de Créteil),
- Noël Mamère,
- Laurent Fabius,
- Christiane Taubira, enregistrée depuis la Guyane,
- Roger-Gérard Schwartzenberg pour le PRG,
- et bien sûr JP lui-même, qui a non pas fermé mais ouvert les discours.
- (Que le mec du MRC me pardonne, il était chiant et j'ai oublié son nom.)
- En invités-surprises-qui-ne-parlent-pas :
- Alain Lipietz,
- DSK accompagné de son épouse, Anne Sinclair,
- Bertrand Delanoë,
- Robert Badinter.
On a souvent comparé Huchon à un diesel qui doit se chauffer avant de réellement partir, c'est un peu vrai. J'ai eu très peur au début de son discours qui était chiant. Puis finalement il s'est laissé aller et a joué un peu avec la salle. Il faut aussi dire qu'il avait bien plombé l'ambiance en rappelant les attentats madrilènes et en imposant une nouvelle minute de silence (fort bien respectée, impressionant). Il est le seul orateur à avoir rappelé les enjeux régionaux de ces élections, c'est son rôle. Nous avons aussi eu droit à un petit film de soutien de la part du président espagnol de l'agglomération barcelonaise, qui apparemment est socialiste et apprécie Huchon.
Mamère, très classe, est arrivé sans fiche et a fait un discours très politique. Trop peut-être. Il nous a infligé un rappel de ce que la gauche a fait, et de pourquoi les Verts sont fiers d'être à gauche. Badinter présent, nous avons dû l'applaudir debout pour le remercier d'avoir aboli la peine de mort.
Après avoir bien marqué le coup les Verts sont à gauche, il a paufiné son discours pour les Européennes, qui arrivent en juin et pour lesquelles les Verts partent seuls. A l'applaudimètre, il est très bien placé. Il faut aussi dire qu'il a caressé la salle dans le sens du poil.
Un bon discours mais qui ne fera pas taire ceux qui disent que ce n'est qu'un démago, personnes dont je ne fais pas partie, j'ose croire en sa sincérité.
Fabius a conclu... par un étonnant et vibrant (il a failli s'étouffer) éloge au vote et un appel au vote. Il a un peu tapé sur le gouvernement, comme tout le monde (c'est presque trop facile).
C'était un bon discours, un peu pompeux par moment, un peu trop comme disait <insérer ici un auteur connu ou non>, avec en conclusion un vive la France qui fleure bon le candidat à la présidence de la République en 2007.
Et c'était fini... Il était 23h20 quand même, et on était en semaine, un jeudi soir. Toute la salle s'est vidée en quelques minutes. C'est le problème des meetings en semaine, on ne reste pas après, car on n'a qu'une envie : aller se coucher.
Heureusement, tous les intervenants ont eu l'idée de remercier les militants qui ont collé, distribué, diffusé la propagande huchonnienne. Je leur en sais gré. On est crevé, moralement et physiquement, et (pour parler de moi) je ne suis pas de ceux qui ont fait le plus.
L'ambition vous dites ?
Sinon, ces meetings sont l'occasion de rencontrer des gens, peu ou pas connus, mais qui tiennent des clefs de partis, des clefs d'appareil. Je me suis rendu compte ces dernières semaines que des discussions et des rencontres informels sont plus fructueuses pour prendre de l'importance que la montée classique dans l'appareil. Si j'ai un conseil à donner à ceux qui voudraient faire de la politique : n'hésitez pas à dire que vous avez des ambitions, et quelles sont ces ambitions.
L'ambition n'est pas mauvaise en soi. Il y a une différence entre avoir de l'ambition et les dents qui rayent le parquet. L'ambition diffère en plus selon les individus (leur âge, leur tempérament...), le parti, l'époque, la période... Le tout est d'oser s'avouer son ambition, d'oser l'avouer aux autres, et surtout se prendre par la main comme un grand. Sinon c'est pas la peine d'attendre qu'on vienne nous chercher.
Je sais pas si c'est choquant, je baigne depuis tellement longtemps dans ce milieu que parfois je me demande s'il n'est pas intrinsèquement pourri, la quête de pouvoir pouvant parfois changer quelqu'un de charmant en véritable loup (je l'ai vu et expérimenté, c'est assez terrifiant...).
Par contre, que tout ceci ne vous empêche pas d'aller voter dimanches 21 et 28 mars, c'est un devoir !




Commentaires
A propos de «la quête de pouvoir pouvant parfois changer quelqu'un de charmant en véritable loup (je l'ai vu et expérimenté, c'est assez terrifiant...» je ne peux qu'aquiescer, la plupart des dictateurs sont réputés pour etre tr-s charmant sympathique et sociable surtout saddam hussein.
Perso je me méfie toujours des gens qui paraissent sympa parceque la sympathie en politique j'en vois pas trop l'utilité à part commerciale.
Et les gens sympas sont des gens souvent qui se forcent un peu à l'etre, je préfere quelqu'un de franc et caractériel (comme moi quoi ;),
tout ça pour dire qu'ils étaient peut etre (nan surement!) des loups avant d'être à la quête du pouvoir !