Comme le souligne Torpedo, le député UMP Jacques Domergue a fait très fort dimanche soir, sur les plateaux de France 3 :

"Quand on a vu la mobilisation et que des gens qui ne se lèvent pas pour aller bosser se sont levés pour aller voter, on a vite compris que ça allait être dur pour nous."

Le pire, c'est qu'une fois attaqué de tous bords, il s'excuse mais c'est encore pire...

« J'ai parlé de ce que j'avais vu à La Paillade : une mobilisation très forte de gens de tous bords, en survêtement ou en pyjama. Toute une catégorie de gens qui se sont levés pour dire non au gouvernement. Ce dernier veut redonner le goût de l'effort, l'envie à ceux qui se lèvent pour aller bosser. Or, ces mesures prises par Jean-Pierre Raffarin ne sont pas populaires et une partie de l'électorat a vécu ces réformes comme une agression envers lui. »

On ne peut que lui donner raison sur le fait qu'une partie de la population s'est sentie agressée. Mais pas que ces feignasses de RMIstes et de chômeurs. Les chercheurs, les étudiants, les jeunes, les habitants des banlieues pauvres, le monde enseignant, les intermittents du spectacles, les travailleurs précaires, des élus locaux (même de droite, cf. le conflit des intermittents - encore eux !), les parents d'élèves, les fonctionnaires, les retraités et les futurs retraités, les archéologues... se sont eux aussi levé et sont allés voter.
Enfin, M. Domergue, vous avez raison, vivement le rétablissement du suffrage censitaire.

Mme Nicole Guedj, sous-ministre de son état, s'est quant à elle exclamé sur LCI (vu dans Le Canard Enchainé de cette semaine) :

"Les Français se sont trompés d'élection !"

Voilà une phrase qui relève du double aveu :

  1. d'abord elle considère que les Français ne savent pas ce qu'ils font, c'est toujours sympathique et on apréciera ce jugement à sa juste valeur ;
  2. Mme Guedj veut sans doute dire que cette raclée aurait été méritée dans une élection nationale, mais pas une élection locale. Je le pense aussi, mais les élections nationales les plus proches ne sont qu'en 2007. On a le temps de s'y préparer, hein Nicole ?

Au programme après les élections, la casse de la Sécurité sociale. Je vous parie cinq mois de salaires qu'ils vont nous refaire le coup de la pédagogie, du malentendu, du vous avez mal compris-on va vous expliquer et mais faites-nous confiance c'est nécessaire pour la grandeur et la compétitivité de la France.
C'est pas tout ça mais je vais commencer à m'échauffer pour mes samedis entre République et Nation.