Le PS se déchire, et les Verts ? Voilà une dépêche AFP...
Constitution européenne : les Verts veulent un référendum militant européen
[ samedi 11 septembre 2004, 20h33 - AFP]
Les Verts, très divisés à l'instar de leurs alliés socialistes sur la constitution européenne, se sont prononcés samedi en faveur de l'organisation d'un référendum militant à l'échelle de l'Europe, repoussant à plus tard le choix entre le oui et le non au traité.
Le vote en faveur d'un référendum a été obtenu à une très large majorité, lors de la réunion à Paris du Conseil national inter-régional (CNIR) des Verts.
L'organisation de ce référendum sera demandée au parti vert européen, créé en mai dernier, qui devrait rendre sa décision le 29 novembre à Dublin, a indiqué le député européen Gérard Onesta.
Selon lui, y sont actuellement favorables, outre les Verts français, les Italiens et les Verts du Benelux, tandis que les Allemands et les Autrichiens craignent selon lui que "leur oui massif soit écorché par le vote hostile de certains petits pays".
Pour être adopté, il faudra une double majorité, soit 50% des partis verts et 50% des adhérents.
Le débat, qui n'a duré qu'une heure, a donné l'occasion à plusieurs ténors du parti de rappeler leur position sur le projet de constitution. Denis Baupin, adjoint au maire de Paris Bertrand Delanöe, a regretté le délai mis à la définition d'une position commune des Verts. "Il ne serait pas responsable" de reporter le choix des Verts "aux calendes grecques", a-t-il lancé, craignant d'être le dernier parti à prendre position sur le projet.
Le député Yves Cochet, pour le oui "à 51%", s'est dit favorable à un référendum européen avant le congrès des Verts à Reims, fin décembre, pour que la nouvelle majorité du parti soit choisie aussi en fonction de ce sujet-là.
La députée européenne Marie-Hélène Aubert a aussi pressé le parti de prendre rapidement position afin de ne pas "laisser s'installer les mensonges et la désinformation".
Divisions internes
Lors de ce débat, les Verts ont étalé leurs divisions entre le oui et le non. "Oui quand même", avait lancé un peu plus tôt l'ex-ministre Dominique Voynet, pour qui "le rejet du projet ne ferait pas avancer l'Europe sociale mais donnerait de la crédibilité à ceux qui prônent le repli national".
La députée de Paris Martine Billard a défendu le "non", à cause d'un manque d'avancées sur l'environnement, Gilles Lemaire, secrétaire national, a dit hésiter entre le non et l'abstention. Yves Contassot, adjoint au maire de Paris et membre du même courant que M. Lemaire, se disait "ni pour ni contre" : "ça ne changera rien de fondamental, l'essentiel c'est quelle Europe on veut et comment on la construit", a-t-il affirmé.
"Notre vote ne doit pas être un vote par rapport à Chirac, mais un vote de conviction", a dit Mme Billard.
Francine Bavay, vice-présidente de la région Ile-de-France et favorable au non, a fait voter un amendement pour lancer une pétition européenne d'un million de signatures contre les articles 3 et 4, portant respectivement sur les politiques économiques et les conditions de révision du traité.
© 2004 AFP