Non sauf si parce que oui mais bon
Par Adrien le vendredi, septembre 17 2004, 19:18 - référendum 2005 - Lien permanent
Edwy Plenel taille un costard à Laurent Fabius dans son édito du Monde2 (obligé de l'acheter, 2,50 euros non mais, merci Colombani et Plenel justement...)
Voici quelques passages pour quand l'article sera dans les archives payantes :
[Il y a deux ans, Laurent Fabius écrivait] "Au XXIe siècle, être socialiste, c'est penser que le monde est notre village, et non que le village est notre monde. La République ne prend tout son sens que dans un horizon qui la dépasse."
Le "non" dont s'habille Laurent Fabius, pour d'évidentes raisons franco-françaises internes au PS, est un non sans passé ni bilan, un non amnésique. C'est la proclamation de l'impuissance de la politique : je ne peux rien, l'Europe peut tout ; changeons d'Europe, je pourrai tout. Car voici un responsable, peu ou prou aux affaires de la nation depuis un quart de siècle, qui vient nous dire que l'Europe détient à elle seule la clé des échecs de la gauche française face au chômage, à la crise, aux inégalités sociales, aux ghettos, etc. ! On aurait aimé entendre, voire se souvenir, de propositions originales par leur audace et leur radicalité du même Fabius sur nos institutions monarchiques, sur la panne de l'ascenseur social, sur les ratés du creuset républicain, sur notre ouverture au monde, sur les relations franco-américaines, sur la guerre en Irak...
En conclusion :
Paradoxalement, l'argumentaire de Laurent Fabius discrédite le "non" de conviction, ce "non" souverainiste ou altermondialiste qui s'est déjà exprimé lors du référendum sur Maastricht. Il n'y a certes pas de raison d'Etat européenne qui obligerait au "oui" - ce serait même la pire des pédagogies. Mais il y a une certaine idée de la politique qui oblige à ne pas se moquer de l'intelligence des citoyens. Personne ne peut croire que l'échec de la gauche française en 2002 tout comme son incapacité latente à penser la complexité du monde et à représenter les classes populaires vient de la seule contrainte européenne.
Non pas que j'aime Edwy Plenel, mais voir Fabius et ses manœuvres bizarroïdes torpillés par un éditorialiste, ça fait toujours plaisir.
Mais le plus drôle dans tout ça, ou le plus triste, c'est qu'on n'est même pas sûr que le référendum aura lieu. Chirac a beau l'avoir promis, on sait ce que sont ses promesses. Et on n'est pas à l'abri qu'un pays la refuse avant, ce qui ferait tout tomber à l'eau. C'est horrible, VGE ne s'en remettrait pas (et là je viens d'en convaincre quelques uns de voter "non" ;) )




Commentaires
Comme le dit cet article du Monde, tous les partis socialistes d'europe appellent à voter oui, mettant en défaut Fabius. Oui mais, sont-ils vraiment des partis socialistes? Qui a t-il de socialiste dans la politique actuelle allemande? Qui a t-il de socialiste dans la politique actuelle anglaise?
Rien. Comparez Schroeder, Blair et Raffarin, et si vous y trouver peu de différences, vous y trouvez beaucoup de ressemblances. Ce qui se cache derrière les termes "parti socialiste" n'est ni plus ni moins que de la politique de droite. DSK est-il socialste? Je ne le pense pas. Que va donc faire Ségolène Royale à l'université du MEDEF? Parler de socialisme?
Alain, j'aimerais que vous m'expliqiuez en quoi DSK est de droite?
C'est facile à dire mais moins à démontrer...
Il est à gauche parce qu'il veut etre à droite?Houlà...
Enfin cette attitude "tous pourris " me semble seulement motivée par un refus, moins par une construction.
J'aimerais comprendre l'attitude de certaines personnes à gauche envers VGE, qui s'il n'a pas forcément des idées avec lesquelles ont doit être d'accord, a au moins le mérite d'avoir toujours des positions claires, de les expliquer, et ce de façon extrêmement limpide. Il a ses défauts, mais une intelligence toujours vivace et que je respecte.
Et toi en particulier Bix, qui est trop jeune pour l'avoir connu en tant que président.
@socdem : c'est pas DSK, c'est ses mauvaises fréquentations, Cambadélis, Moscovici... on n'a pas idée de se laisser influencé comme ça. ;-)
@Olivier J : critiquer VGE c'est facile, et c'est un peu pour le folklore. De plus, même sans l'avoir connu en tant que président, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas le critiquer. Je critique aussi Pompidou si tu veux. Louis IX aussi tiens.
VGE, il énonce peut-être clairement ses idées, mais si on n'est pas d'accord ? Et puis dans le genre "je-m'accroche-au-pouvoir-comme-une-bernique" il se débrouille plutôt bien.
Arf, si Daniel Glazman trainait dans le coin, il en parlerait encore mieux. :)
Alain : Les partis de gauche européens sont sociaux-démocrates et plus socialistes, en tout cas, ils ont définitivement enterré Marx, pas comme en France. Et le gouvernement Raffarin est plus à gauche que Blair ou Schroeder (qui est quand même très loin d'être un libertruc).
Au fait, vous savez quoi ? Les libertrucs, eux aussi, ils vont voter "non", et en plus ils sont presque tous d'accord. C'est fou hein ?