Autant j'aurais plutôt tendance à pencher pour le oui à la Constitution européenne actuelle, autant je ne cède pas à une approbation béate, comme si le projet européen était la réponse à tous nos maux et une manifestation de l'humanisme façon Renaissance, pouvant justifier l'abandon du projet REACH par exemple.

De même, je trouve hallucinant le lynchage médiatique auquel ont droit les opposants à la Constitution. Alors quoi ? On ne peut pas dire ce qu'on pense ? Pour Fabius, encore, je peux comprendre tellement est incompréhensible sa prise de position (même en interne), le tourner en ridicule relève finalement de la solution de facilité pour les éditorialistes. Mais les autres, dès lors que c'est argumenté, méritent qu'on les écoute, qu'on leur réponde poliment sans pour autant s'étriper, pour confronter les idées et... le débat, voilà, c'est le mot que je cherchais.

Il y a aussi les arguments à la con en faveur du "oui". Julien Dray, en tant que porte-parole socialiste, en a donné un exemple en exhortant à voter oui, sans quoi le parti socialiste français serait isolé en Europe ! D'abord c'est faux, car les socialistes maltais sont aussi prêts à voter non, ensuite Poul Nyrup Rasmussen, le président du PSE, est Danois, et le Danemark n'a même pas l'euro... De plus je ne trouve pas l'argument grégaire très convaincant, mais sans doute Julien Dray a-t-il trop l'habitude de mener sa Gauche socialiste comme il l'entend.

Pour convaincre du oui je préfère des arguments raisonnables (pas la peine de partir dans des grandes tirades de lendemains qui chantent chantonnent murmurent sussurent) et réalistes (l'Europe est à droite, on doit faire avec). Ensuite, ce n'est même pas sûr que le référendum ait lieu, un pays peut refuser la Constitution avant par exemple. Tout cela aura alors eu toute la consistance d'un piège orchestré par Chirac pour que la gauche se déchire, surtout le PS (mention spéciale à Fabius).

Heureusement, on peut s'amuser avec l'Europe et ses institutions !