Oula, voici un texte au vitriol de Raoul Marc Jennar, docteur en science politique, chercheur auprès de l’Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation -URFIG, militant de gauche, signataire de « l’Appel des 200 ».

C'est le genre de texte qui ébranle, qui fait douter. C'est son but. J'ai dû le recevoir deux ou trois fois de la part de partisans du "non" sur des listes de diffusion Verte. Il ébranle parce qu'il semble pointer un double langage de la part des partisans du "oui".

Oui il faut dénoncer les arguments qui font appel à la peur, les arguments d'autorité, les phrases qui font appel à un vocabulaire digne de Jean-Marc Sylvestre sur LCI. Mais que penser de certains partisans du non qui ont défendu les traités d'Amsterdam et de Nice et qui se mettent à critiquer le TCE parce que "trop libéral" ? N'est pas là aussi un double langage ? Ce serait à mourir de rire si ça ne démontrait pas une malhonnêté assez impressionante (je pense notamment à Laurent F., qui vient de perdre son pari au PS.

Que penser des critiques de gens qui se placent systématiquement en dehors des institutions, des partis, des élections, refusent l'hypothèse de la prise de pouvoir et sont partisans de la politique du pire ?

Finalement ce texte est écrit par les mêmes groupes qui critiquent avec une constance qui force l'admiration les "sociaux-traitres" qui se sont coltinés les affres du pouvoir.[1] Le plus inquiêtant en fait avec ce texte, c'est que les mêmes articles sont convoqués pour des arguments contraires à ceux des pro-TCE. Double lecture ? mauvaise foi d'un côté ? différence d'appréciation ? optimisme contre pessimisme ?

Qui a raison ?

J'ai choisi le "oui", parce que je crois qu'on peut continuer le combat pour une Europe plus juste en partant de ce TCE, en l'amendant, en négociant, en continuant la lutte via le Parlement.

Notes

[1] Avec délice parfois, il faut bien l'admettre quand par exemple on regarde un peu les deux septennats de Mitterrand...