Paris...

La défaite la plus cuisante récemment, c'est la ville de Paris qui l'a permise. Malgré l'exemple de Münich qui pouvait laisser espérer un souffle du Libre sur les communes européennes, la capitale ne passera que très très progressivement aux outils libres, dont Linux. Comme le dit Silicon.fr :[1]

Paris a donc tranché pour une politique modeste. Même si l'objectif d'une rupture informatique est maintenu: la ville souhaite toujours se passer d'une partie des produits de Microsoft mais la migration ne concernera pas des applications comme Office ou Internet Explorer. Il s'agit dans un premier temps de migrer 50% des serveurs applicatifs vers le libre d'ici la fin de l'année, contre 10% en 2004.

"Modeste" en effet. Echaudé par plusieurs pertes de marché, Microsoft aurait proposé un rabais de 60 %. Le côté financier aurait donc pesé plus lourd que le côté éthique. Dommage, même si on peut penser que ce n'est que partie remise, d'autant que la ville a adhéré à l'Adullact, qui regroupe les collectivités en faveur du Libre.

Brest !

Heureusement, dans le Libre, tout ne vient pas d'en haut, les impulsions peuvent aussi venir du bas.[2] Des Verts brestois élus municipaux, avec la Commission Cultures numériques des Verts, commencent la diffusion du projet Bureau libre - freeOS. Il s'agit aussi bien d'une campagne en interne des Verts que d'une campagne à destination de la population au travers des espaces publiques numériques (EPN), les bibliothèques, les mairies, les écoles et évidemment les particuliers.

Je me permets de citer Michel Briand :

Toute l'histoire du travail sur l'appropriation sociale des TIC à Brest montre l'importance décisive d'un accompagnement progressif. Ne pas imposer, proposer et être à côté, pour aider à.

Attention, il ne s'agit pas de montrer du doigt, d'imposer, juste faire un point, montrer d'autres solutions, aider au changement de celles et ceux qui y sont prêts.

Voilà, en espérant que des poids lours comme les ministères, les grosses mairies, les conseils régionaux et généraux ou les administrations vont continuer à migrer. Même à 60 % ou plus de réduction, les logiciels propriétaires sont mauvais à long terme, d'autant que l'argent dépensé en licence peut servir à former les utilisateurs, un effort de formation dont on ne se passe pas forcément avec le logiciel propriétaire d'ailleurs.

Notes

[1] Dans un article intitulé Paris ne se presse pas pour battre pavillon Linux.

[2] Pour nos amis qui parlent la langue de l'entreprise, disons que dans le libre, aussi bien le "top down" que le "bottom up" sont possibles.