Un Paris-Brest doux amer pour le Libre
Par Adrien le vendredi, avril 15 2005, 12:50 - logiciel libre - Lien permanent
Le Libre ne peut pas toujours remprter les batailles. Après Münich qui passe à Linux, la gendarmerie française qui passe à OpenOffice.org, Firefox qui rafle la mise (jusqu'à 20 % de parts de marché en Finlande et en Allemagne et plus de 10 % en France selon Xiti), j'en passe et des meilleurs, une défaite peut arriver.
Paris...
La défaite la plus cuisante récemment, c'est la ville de Paris qui l'a permise. Malgré l'exemple de Münich qui pouvait laisser espérer un souffle du Libre sur les communes européennes, la capitale ne passera que très très progressivement aux outils libres, dont Linux. Comme le dit Silicon.fr :[1]
Paris a donc tranché pour une politique modeste. Même si l'objectif d'une rupture informatique est maintenu: la ville souhaite toujours se passer d'une partie des produits de Microsoft mais la migration ne concernera pas des applications comme Office ou Internet Explorer. Il s'agit dans un premier temps de migrer 50% des serveurs applicatifs vers le libre d'ici la fin de l'année, contre 10% en 2004.
"Modeste" en effet. Echaudé par plusieurs pertes de marché, Microsoft aurait proposé un rabais de 60 %. Le côté financier aurait donc pesé plus lourd que le côté éthique. Dommage, même si on peut penser que ce n'est que partie remise, d'autant que la ville a adhéré à l'Adullact, qui regroupe les collectivités en faveur du Libre.
Brest !
Heureusement, dans le Libre, tout ne vient pas d'en haut, les impulsions peuvent aussi venir du bas.[2] Des Verts brestois élus municipaux, avec la Commission Cultures numériques des Verts, commencent la diffusion du projet Bureau libre - freeOS. Il s'agit aussi bien d'une campagne en interne des Verts que d'une campagne à destination de la population au travers des espaces publiques numériques (EPN), les bibliothèques, les mairies, les écoles et évidemment les particuliers.
Je me permets de citer Michel Briand :
Toute l'histoire du travail sur l'appropriation sociale des TIC à Brest montre l'importance décisive d'un accompagnement progressif. Ne pas imposer, proposer et être à côté, pour aider à.
Attention, il ne s'agit pas de montrer du doigt, d'imposer, juste faire un point, montrer d'autres solutions, aider au changement de celles et ceux qui y sont prêts.
Voilà, en espérant que des poids lours comme les ministères, les grosses mairies, les conseils régionaux et généraux ou les administrations vont continuer à migrer. Même à 60 % ou plus de réduction, les logiciels propriétaires sont mauvais à long terme, d'autant que l'argent dépensé en licence peut servir à former les utilisateurs, un effort de formation dont on ne se passe pas forcément avec le logiciel propriétaire d'ailleurs.
Notes
[1] Dans un article intitulé Paris ne se presse pas pour battre pavillon Linux.
[2] Pour nos amis qui parlent la langue de l'entreprise, disons que dans le libre, aussi bien le "top down" que le "bottom up" sont possibles.




Commentaires
<i>Münich</i>
Juste pour faire mon intéressant: on écrit "Munich" en français, et "München" en allemand. "Münich" est donc du frallemand ;)
Bien observé Oliv, c'est d'ailleurs fait exprès, j'adore le umlaut. :)
Je vais peut-être dire un bêtise, il me semble que l'umlaut est en voie de disparition en Allemagne, une réforme de l'orthographe transformerait le "ü" en "ue" par exemple (et de même, le "ö" en "oe", le "ä" en "ae", etc).
On voit parfois écrit "Muenchen" sur nos écrans d'ordinateur (cela dit, depuis longtemps car ça permettait de distinguer le "u" du "ü" à l'époque où seul l'ASCII 7 bits passait).
Non l'umlaut n'est pas en disparition. Il est toujours là et présent, fort heureusement cela fait partie du charme de la langue allemande! Il n'est remplacé par "ae", "ue", etc. que lorsqu'il n'est pas possible d'accentuer la voyelle: sur un site web, sur une adresse e-mail. Cela permet de garder la même prononciation (on ne peut pas en dire autant d'une URL qui serait www.palais-des-congres.fr ;)
La réforme sur l'orthographe allemande porte surtout sur la simplification de certains mots à l'orthographe dite trop compliquée et la suppression dans pas mal de cas du eszett (ß). Ce que je trouve un peu dommage, je trouve assez amusant ce caractère présent dans aucune autre langue au monde :)
Plus d'infos sur la réforme de l'orthographe allemande (en français, s'il vous plaît): fr.wikipedia.org/wiki/R%C...