Comme un coup de tonnerre
Par Adrien le jeudi, avril 21 2005, 10:46 - politique - Lien permanent
Il y a trois ans jour pour jour, nous attendions tranquillement le deuxième tour Jospin-Chirac tant promis par les sondages. A 20 heures, c'était la stupéfaction, le traumatisme...
Le plus marquant dans cette période, c'est le nombre et l'affluence aux manifestations quasi quotidiennes de lycéens et d'étudiants. On a assisté à une prise de conscience accélérée de l'importance d'aller voter, de faire entendre son choix. Les personnes parties en week-end sans voter ont été culpabilisées, les abstentionnistes montrés du doigt... La participation exceptionnelle au deuxième tour faisait croire à un regain d'activité politique, les partis voyaient affluer ceux qu'on allait appeler "les adhérents du 21 avril" et bien sûr, les collectifs ou associations politiques fleurissaient.
Je voudrais revenir sur ce dernier point, les collectifs. Alors qu'un million de personnes se pressaient à République le 1er mai, les journaux comme Libération, les JT, ne juraient plus que par ces nouveaux militants entrés en politique après le choc du 21 avril, ce "séisme".
Là, attention, on allait voir ce qu'on allait voir. Ils arrivaient, ces vrais militants aux nouvelles méthodes, et allaient révolutionner la façon de militer. Les partis traditionnels pouvaient dores et déjà trembler sur leurs bases qu'ils avaient de toute façon fragiles ! Plus rien ne serait comme avant, et c'était tant mieux, le peuple de France revenait militer, tout le monde s'en félicitait.
Et puis ? Rien, ces collectifs ont disparu du paysage méditico-politique aussi vite qu'ils étaient apparu. Certains militants ont peut-être rejoint des partis classiques de gauche (PS, Verts, LCR, PCF...), d'autres sont sûrement retourné à leurs occupations habituelles. En un sens c'est rassurant : on ne construit pas la légitimité d'un mouvement politique sur une simple date et un unique combat contre le FN et Le Pen.[1]
Et puis ? Toujours rien. Le 5 mai passé, le Borgne éliminé et renvoyé à ses 18 %, le soufflé est retombé. Daniel Mermet s'est remis à parler des pauvres mais sympathiques et tellement accueillants honduriens, Libé a refait des portraits sur Beigbeder, les JT ont remplacé l'insécurité par la nécessité de réformer les retraites et Nicolas Sarkozy. Tout était comme avant. La participation aux législatives de juin ? Une catastrophe, comme le premier tour des présidentielles. Retour à la case départ, et Chirac pour 5 ans de plus.[2]
Néanmoins, ce furent 15 jours assez difficiles, tant sur le plan personnel que sur le plan politique. Larmes, chagrin, colère, incompréhension et incommensurable tristesse se mélaient pour former un sentiment difficilement exprimable. Des évènements trop liés entre eux pour ne pas penser à l'un sans l'autre, des dates que personnes n'oublient et qui à chaque fois nous rappellent l'implacable vérité.




Commentaires
Ce qu'il faut retenir du 21 avril 2002, outre les grosses boules dans la gorge et le sentiment de vivre un moment que l'histoire retiendrait, c'est le sens de la mobilisation des 1er et 5 mai, et de la démobilisation des 9 et 16 juin 2002.
Le 1er mai, c'est toute la gauche et une partie de la droite qui défilent pour la démocratie. 28 millions d'électeurs répondent présents dans les urnes. J'ai vu des dizaines de personnes venir ce jour au bureau de vote avec des cartes d'électeurs vierges depuis 1994, des cartes d'identité périmée depuis, Jean-Louis Debré 1996, etc.
Et les 9 et 16 juin, ces gens là , et une partie des électeurs de gauche, sont restés devant Drucker.
La gauche, assomée par le départ de Jospin, sans leader, sans programmes, sans croyance en la victoire, n'a pas fait campagne.
On ne gagne pas une élection en convaincant ses adversaires, mais en mobilisant son camp. C'est ce qu'à fait la gauche en 2004, et les résultats ont suivis.
On va faire quoi en 2007 ?