Campagne dans la campagne
Par Adrien le jeudi, mai 19 2005, 11:03 - militantisme - Lien permanent
Séquence émotion hier, j'ai fait (re)découvrir la ruralité à un Parisien (même pas français en plus). Il fallait le voir s'émerveiller des arbres "même pas replantés", du lichen vaillant sur une jardinière en granit moche[1] près de la station RER D - Cesson (à 40 mn de Gare de Lyon).
C'est le sud de la Seine-et-Marne, une campagne presque urbaine et calme, mais calme... bien loin de ma ville nouvelle presque natale de Marne-la-Vallée ou Sénart (oui, très très loin, trop loin même).
C'était pour un SimEurope dans une salle un peu naze, mais en présence du maire de Vert-Saint-Denis (ça ne s'invente pas, même s'il est socialiste et qu'il roule en Toyota Pryus[2]) et de militants et sympathisants, avec quelques indécis (tant mieux !).
Mais il fallait le voir notre Parisien, esbaudi par la beauté d'un petit lac artificiel sur lequel s'ébattaient joyeux des colverts et une poule d'eau, le vent caressant les quelques ajoncs et les roseaux.[3] C'était beau, terriblement beau. J'en écrase encore une larme.
Si vous aussi vous avez un Parisien, faites-lui sauter le périph de temps en temps et emmenez-le quelque part où les arbres ne sont pas forcément des platanes en grille. Ceci dit le Parisien, il peut faire un effort et aller au jardin du Luxembourg ou au bois de Boulogne ou de Vincennes, c'est moins loin et en plus il ne verra pas plein de Verts qui posent des questions, toujours les mêmes en plus. ;-)
Si on leur demandait aux Parisiens, ils iraient au parc. Ils se lèveraient sur leurs petites jambes, ils se bougeraient le cul, et ils iraient au parc. Au lieu de ça, ils claquent tout leur pognon au babyfoot, ils fument des pétards et ils grimpent aux rideaux.
Les Parisiens, c'est vraiment des branleurs.
C'était un message du CCP, le Comité contre les Parisiens.








Commentaires
en même temps, les bois de Boulogne et de Vincennes, c'est quand même de l'autre côté du periph' (limite psychologique difficile à franchir)
(moi je m'en fous, je suis né en province (il paraît que maintenant on dit "en région"), élevé au vert à la campagne, et je suis en banlieue pas trop bétonnée ; le hic c'est que je ne connais pas de parisiens)
Bon, alors là, tu me cherches :). Je suis né à Melun, j'ai habité 9 ans à Cesson. J'ai habité Boissise le Roi à peu près aussi longtemps.
Décidément, de Lognes ou Marne La Vallée à Cesson, en passant par Melun. Je retrouve Bix partout :) batmat.net/blog/2005/05/1...
Oooh, t'a fait tes études à Marnes la vallée? Moi aussi :) (Et en plus je connais des personnes d'ingénieurs 2000 :) )
Le monde est super petit dans l'est parisien....
(pr la province moi aussi j'y suis née, et j'ai pas de parisiens à aller promener :( )
Mouais, je le confesse. Moi aussi, il y a quelques années, j'ai rencontré un puis des... des... des banlieusards ! (voilà, le mot est lâché). Au début, j'avais très peur, j'en avais jamais vu en vrai, jamais approché et encore moins touché. Alors oui, j'en avais entendu parler dans les journaux, à la télé, dans les repas de famille, dans la cour de l'école... Mais rien de très encourageant,il se disait les pires choses sur eux. Je les imaginais tous pareils comme ils les montrent à TF1 très grand, très noirs ou arabes avec une casquette Lacoste, qui volent des mobylettes, pissent dans les ascenseurs...vous savez, quoi...
Et puis, un jour, je l'ai fait, j'ai vaincu mes peurs. J'ai été à la gare de lyon, j'ai acheté un ticket de RER pour "noisiel". Je suis monté dans un train. (d'ailleurs c'est hyper compliqué : il faut bien monter dans le train comme dans le métro mais pas tous: certains ne vont pas au même endroit, certains ne s'arrêtent pas à la station qui vous intéresse, cela nécessite d'être très attentif et très concentré). Toujours est il qu'au bout d'un temps interminable (au moins 25 minutes de RER), j'y suis arrivée, en banlieue.
A savoir: la banlieue c'est plein de banlieusards. Quelques traits distinctifs :
- ça passe tôt son permis pour pas dépendre de Papa/Maman pour se déplacer vu que les transports en commun peuvent se révéler assez peu efficaces pour desservir les gares RER à l'usage de ceux qui habitent pas dirtectement à la sortie de la station (c'est vrai, je les comprends, moi aussi j'ai ce genre de problème, j'habite à au moins 200 mètres de ma station de métro).
- Ca ne fait pas de courses "en passant" quand le frigo est vide, vu que "en passant", ça veut dire prendre sa caisse, rouler 15 minutes, se garer chez Carrouf et se taper l'ENORME hypermarché, faire 20 minutes de queue à une des 35 caisses, et ça pour 6 malheureux rouleaux de PQ.
- Ca porte des gros pulls (il fait vachement plus froid de l'autre côté du périph. A croire que la pollution ça tient chaud !).
- Ca voit pas trop ses potes vu que pour les voir, il faut absolument se voir chez soi car il n'y a pas ou quasi pas de bars ouverts après 22h en banlieue, à moins d'aller... jusqu'à Paris (et de toute façon, les derniers RER sont autour de 01h30).
Enfin, ceci étant dit, n'ayez pas peur et n'hésitez pas à tendre la main aux balieusards. C'est vrai, y sont pas méchants dans le fond...
Ah! Il y a une catégorie de banlieusards qui se moquent de l'heure quand ils sont à Paris... :)
Ceux qui ont le bus de nuit :)