On passe ensuite à Bruce Willis, ballafré, flic à la veille de la retraite. Il va tenter de sauver une fillette enlevée par un pédophile, fils du sénateur local. Le noir et blanc est un faux noir et blanc sale, les décors sont noirs, distants. C'est le Gotham City de Tim Burton en plus épouvantable.

Puis on voit Mickey Rourke en brute épaisse qui combat un Elijah Wood méconnaissable, puis une histoire avec Benicio del Toro et sa voix rocailleuse (même avec un morceau de cou en moins), pour revenir à Bruce Willis. Les histoires ne se croisent pas, mais se suivent, avec quand même une surprise finale.

C'est violent, c'est beau, c'est irréel. En fait c'est de la BD.[1] Certains plans sont comme des cases, avec des noirs et blancs tranchés, sans gris. Superbe, surtout les plans de Bruce Willis au quartier d'isolement, Bruce Willis devant la porte de la Ferme avec la neige. On a l'impression que c'est fait à l'encre.

On peut ne pas aimer la débauche de numérique dans les décors, dans les poursuites de voitures. On peut ne pas être sensible aux touches de couleur dans l'univers en noir et blanc. On peut critiquer la violence, omniprésente, toujours immorale. On peut aussi trouver que ça manque parfois d'humour, mais c'est qu'on manque de second degré. Et tout cela fait tellement BD que ça passe.

En trois mots : j'ai adoré.

Notes

[1] En fait, du comics, puisque c'est américain. Mais on doit dire "graphic novel", roman graphique. La BD et le comics, c'est Tintin et Superman dans les années 30, alors que le roman graphique c'est Frank Miller et Marjanne Satrapi. Vous saisissez la différence ?