Lors des journées d'été, j'ai tenté une métaphore jardinesque, concernant le communautarisme. 3 conceptions "démocratiques" sont en compétition :

- le modèle anglo-saxon, qui rattache de fait chaque individu à une communauté. Le multiculturalisme ! C'est un modèle "racinaire". Dans la métaphore du jardin, chaque "communauté" est un buisson, se développant indépendamment des autres. Le passage d'un buisson à l'autre est impossible. Quand un buisson se développe mal, on lui met du terreau (discrimination positive). Ce qui se passe dans le buisson d'à côté ne nous regarde pas.

- le modèle français d'intégration. L'égalité des droits est proclamée, mais les discriminations demeurent, car l'intégration culturelle est demandée. Ainsi, l'égalité des droits n'a vraiment lieu que si le modèle culturel dominant est adopté. C'est pourquoi il parait naturel à certains de refuser cette égalité aux populations des cités pauvres, qui n'ont pas acquis nos valeurs culturelles. Dans la métaphore, c'est un arbre unique, dont les apports étrangers sont greffés. Si la greffe tient, tant mieux, sinon, elle se décroche et dépérit. Comme l'arbre est malade, les greffons ont du mal à prendre. Se reforment alors des "boules de gui" (ghettos) communautaires, qui de fait n'ont plus ni les mêmes droits ni les mêmes devoirs que le reste du pays.

- le modèle "idéal" trans-culturel. UnE individuE est forméE de multiples éléments :
- son lieu de naissance, son lieu de vie, ceux de ses parents (biologiques ou adoptants..), les cultures, les langues associées à ces lieux (il/elle n'y peut pas grand chose)
- sa nationalité, son apparence physique, celles de ses parents (il/elle n'y peut rien)
- la/les religions ou philosophies ou... de ses parents, son choix personnel sur cette question (il/elle y peut beaucoup)
- son orientation sexuelle, ses handicaps, etc. etc.

Du coup, chaque individu doit être regardé comme unique et non pas assigné à tel ou tel groupe, ce qui n'a plus de sens. Dans la métaphore du jardin ? des plantes rizhomiques (pommes de terre, herbes, fraises...) formées de multiples racines, choisissant sont développement sur la base de ces nombreuses racines.

Bien entendu, tout ça n'est que métaphore !

[...]

La culture, ce n'est ni l'origine, ni la nationalité, ni l'apparence physique, ni la religion, ni les choix politiques ou autres, ni la science, ni surtout les droits et devoirs. C'est l'ensemble des connaissances que nous partageons (les frontières sont floues) : langues, mythes, littérature écrite et orale, chansons, arts picturaux, architecture, vêtements, cuisine, etc. etc. Dans nos sociétés modernes, la culture est aquise en grande partie à l'école, d'où l'importance de cette institution dans le combat laïque.

La pratique d'une tradition est un choix personnel, la connaissance de cette pratique est culturelle.