Sarkozy

On est désormais habitué à son vocabulaire piqué au Front national. Un coup très à droite (le Kärcher et la gangrène), un coup un peu à gauche (droit de vote des étrangers résidents[1]) Là, lâché par Villepin et Chirac, attaqué par Begag, il se retrouve isolé au gouvernement et dit carrément n'importe quoi. D'aucuns disent qu'il est en perte de crédibilité. Je crois au contraire qu'il continue d'avoir son discours, le même qu'il tient, cohérent et simple, depuis 2002. Si la gauche n'oppose pas à ce discours un autre projet simple et clair, Sarkozy aura gagné 2007, sur ce plan-là au moins.

Les émeutes

Évidemment, les flics ont tort, les jeunes sont des victimes. Sans prendre parti dans cette affaire en particulier, le réflexe actuel est de constamment rejeter la faute sur la police et jamais sur les délinquants. Si une balle dans la tête à boût portant est sûrement une bavure, un homme qui se tue à bord d'un scooter volé alors qu'il prend la fuite est tout de même responsable de ce qui lui est arrivé. C'estle syndrôme du pauvre qui a toujours raison face au méchant riche.

Mais le quartier s'embrase, des bandes brûlent des Peugeot 205 millésimées 1990 et les camions de pompiers, caillassent la Poste de Clichy. Tout ça pour que des "grands frères" appellent au calme à l'initiative du maire (on y reviendra, au jeu très dangereux que joue le maire de Clichy).

L'appel au calme

Courageusement, les associations musulmanes du quartier organisent la manifestation silencieuse en hommage aux victimes. Peu de filles dans les rangs, les sœurs des victimes, quand même. Bordel, il ne reste que ça comme association dans ce quartier ? La mairie a-t-elle délégué la gestion sociale des habitants aux immams ? Elle a fait pareil dans les quartiers chrétiens, c'est ça ? Quel scandale que personne n'ait rien trouvé à redire que la contestation soit monopolisée par des associations religieuses.

Claude Dillain, maire de Clichy

Très intelligemment, le maire met en concurrence juifs et musulmans, en déclarant très calmement : "Personne n'est venu après l'agression de la mosquée, alors que pour une synagogue, tout le gouvernement se déplace." Le maire confond bombe lacrymogène lancé par on ne sait qui (du moins le soir de Mots croisés) et agression raciste et/ou antisémite. C'est grave pour un élu du peuple.

C'est encore plus grave quand il demande où était Azouz Begag. Rappelons que monsieur Begag est ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, pas ministre des mosqués ou des Arabes. Monsieur Begag, en sa qualité de ministre, représente tous les Français, pas seulement les Clichois musulmans. À moins que Monsieur Dillain ne considère la politique qu'en pratiques de clientélisme communautaire. Aurait-il pris des cours au Labour britannique ?

Il y avait aussi un certain Samir Mihi d'invité. Je n'ai pas de mots assez durs pour critiquer son discours puant et vide de sens, cette façon qu'il avait de sortir de la question, de rappeler des évidences pour se donner de l'importance.

Les autres victimes

Pendant ce temps, des gens se terrent chez eux, n'ont plus de voiture pour aller bosser, voient leur habitat à feu et à sang. L'abandon de certaines parties de la banlieue a conduit à ces situations dont profitent des mafias locales et des intégristes de tout poil. Les habitants se tournent à droite, ils voient Nicolas Sarkozy qui les défend. Ils se tournent à gauche, ils voient une victimisation constante des gens qui brûlent les bagnoles. Sans réaction de notre part, la gauche, le choix sera vite fait.

Notes

[1] Et non immigrés, ce n'est pas la même chose.