Laissez-les vivre, 2
Par Adrien le jeudi, décembre 1 2005, 15:31 - porte nawak ! - Lien permanent
Il y a quelques temps, j'avais fait un billet parodique contre l'avortement. Certains m'avaient cru, avant que je ne mette un mot pour donner mon vrai sentiment à ce sujet.
Figurez-vous qu'il y a quelques temps, j'ai reçu un courriel à propos de ce billet. Ça n'a pas l'air d'une blague, je vous laisse savourer :
bonjours,
j'aimerai réagir à ce que vous avez dits sur l'avortement, en janvier à l'occasion de l'"anniversaire" de la loi Veil. Bien que ne soutenant absolument pas les commandos qui detruisent nos hopitaux à coup de bombe, meme si ils se sont calmés depuis quelques années, je comprend parfaitement leur colere.
Vous vous moquez des gens qui se pronnoncent contre l'avortement, mais vous ne prenez meme pas la peine d'essayer de les comprendre. L'avortement selon vous, est une fantastique avancée pour l'humanité toute entiere, car elle permet aux femmes d'etre libres de leur corps. Sur ce point je suis d'accord avec vous, les femmes doivent etre libre avec leur corps, mais lorsqu'une femme est enceinte, il n'y a plus un seul corp, mais deux, celui de la mere porteuse et celui du futur bébé.
alors pour que les femmes puissent etre libre de leur propre corps, on se voit dans l'obligation de tuer, (et oui, on tue, car on se demembre un etre humain, cf les photos de foetus avorté que l'on trouve dans les poubelles de nos hopitaux.). Mais il n'est pas encore un humain dites vous, alors quand est il un humain? on se permet de choisir une date de maniere arbitraire ,avant 12 semaines le foetus est aussi intelligent qu'un yahourt, et le lendemain c'est un humain. Je veux bien vous croire, mais apportez moi alors une preuve valable! car si ce n'est pas le cas, on peut tuer le bébé quand il se trouve dans le ventre jusqu'as ce qu'il en sorte, mais tuer un bébé 1 mois avant qu'il naisse c'est la meme chose que de le tuer a sa conception. Et si on autorise le meurtre d'innocents, alors pourquoi on interdits celui de violeurs tueurs multirecidivistes? Ils sont certainement plu humains qu'un povre gosse qui est massacré sans aucun moyen de se defendre. Apporter moi s'il vous plait vos arguments parceque voir un pareil genocide se derouleren dessous de nos fenetres (600000 par ans en france depuis trente ans) alors que nos peres ou nos grand pere se sont battus pour que l'on ne revive plusjamais des horreurs pareil lors de la seconde guerre mondial, c'est a se jeter par la fenetre.
respectueusement.
Tout y est : comparaison avec un génocide, mise sur le même plan que le meurtre, mise au ban de la liberté de la femme sitôt qu'elle est mère... Lire un texte comme celui-là vous incite à continuer à militer, car ce n'est jamais gagné.




Commentaires
Sauf que, et je me fais l'avocat du diable, la question principale de cette lettre, c'est de savoir à partir de quand on considère qu'un foetus est un être humain. Le reste est délirant, mais la question est délicate.
Quand la justice a eu à trancher cette question, elle a conclu qu'un foetus est un être humain à sa naissance. Elle se base sur le principe d'interprétation stricte de la loi pénale (grosso modo, cela commande une interprétation au pied de la lettre des lois pénales), pour décider qu'on ne pouvait condamner quelqu'un pour l'homicide involontaire d'un foetus (je vous parle d'une histoire où un mec avait provoqué un accident de voiture qui avait tué une femme enceinte de 9 mois). L'idée est "qu'on ne peut tuer quelqu'un qui n'est pas né".
Personellement, je souscris à cette définition : la décision de se faire avorter est TOUJOURS une question délicate pour une femme. C'est le cas qu'elle soit enceinte de 2 semaines ou de 8 mois. A ce moment là, une fille ne se pose pas la question de savoir si ce qu'elle a dans son ventre est un être humain ou pas. Elle s'interroge sur des considérations objectives comme de savoir si elle a les moyens de faire des enfants, si elle est prête, si elle se sent capable de leur donner une existence valable...
A mon avis, le rôle du pouvoir politique est de rendre ce moment le plus facile possible pour une femme, et justement, ce moment sera d'autant moins pénible pour une femme qu'elle n'aura pas à se poser la question de savoir à partir de combien de semaines de grossesse, elle commet un meurtre.
De la même manière, le cas d'un médecin urgentiste qui voit débarquer aux urgences un homme inconscient dont il sait que s'il ne recoit pas de transfusion snguine, il mourra. Pourtant, le mec porte une carte de témoin de Jéovah... A mon avis, ce n'est pas au médecin de trancher le problème, mais au pouvoir politique.
Il me semble que ce débat doit être dépassionné et desaffectivé pour ne pas penser la question de l'IVG en terme de vie ou de mort, question délicate surlaquelle les scientifiques ne s'accorderont jamais. Le problème principal me semble plutôt être celui du libre-choix des femmes, dont on est sûr qu'elles sont vivantes.
PS : désolée, c'est long...
c long, mais c bien répondu !
A se demander si des fois t'écris pas toi-même ce genre de billets pour avoir matière à ton blog :P ;)
Mais je sais qu'il y a encore des gens pour écrire/prenser ce genre de choses.
Je suis assez d'accord avec Raph. Mais j'aimerai ajouter une chose. Beaucoup pensent que l'avortement c'est facile youpie dans la prairie. Ce n'est pas un acte que les femmes font à la légère. A en croire ce monsieur, c'est presque comme si les femmes qui se font avorter le font comme elles iraient acheter un poulet à carrouf ou enlever une verrue ou un grain de beauté. Ces femmes ne sont pas des monstres. Des fois, il n'y a pas le choix. Leur demande-t-on leur avis à elles?
(Et puis oui, une femme enceinte à autant de droits qu'une femme pas enceinte. Qu'est ce que c'est que cette phrase débile de petit-jaloux-des-femmes-enceintes-qui-passent-en-priorité-aux-caisses-
du-mamouth? Je suis sûre c'est ça pour ça qu'il leur en veut en fait ;) :p ! )
apres réponse de la juriste (raff), reponse breve de la biologiste : effectivement, c bien une question de droit, et pas de biologie ou d'éthique biologique. du point de vue de savoir ce qui est vivant ou pas, humain ou pas, il n'y a aucune différence entre un gamète (spermatozoide et ovule), un zygote (cellule-oeuf issue de la fécondation ou rencontre des gamète) ou un organisme humain entierement constitué. toute ces cellules sont des cellules humaines, qui ont une vie... le problème est donc d'ordre philosophique et juridique, et tient à la définition de la personne... et donc, merci a raff de ses precisions...
Le problème de la question de l'avortement est qu'il se situe à plusieurs limites : limite entre le vivant / pas vivant, l'humain / pas humain, liberté individuelle / protection collective. Les arguments "pour" ne contredisent pas forcément les arguments "contre", et vice versa. L'opinion sur ce sujet est en définitive plutôt dictée par des l'éthique et la morale dans laquelle chacun se reconnait plutôt que par des considérations objectives.
Si je me souvient bien la légalisation de l'avortement a plutôt découlé de considération médicale (empêcher les avortements clandestins dangereux pour la mère) que philosophiques, car c'est le point le plus consensuel.