Rassurez-vous, ce n'est pas une nouvelle maladie. Non.
En alimentation, il y a plusieurs pratiques en plus de celle omnivore la plus banale. Certains décident de bannir toute viande de leur assiette. Parfois ils laissent le poisson, dans un soucis du détail paradoxal qui les honore. D'autres encore, plus radicaux, bannissent de leur alimentation toute protéine animal (œuf, lait en plus de l'animal lui-même) et doivent donc prendre des cours de nutrition pour ne pas voir leurs ongles tomber. Les plus fous militent contre ce qu'ils appellent le "spécisme" et réclament la liberté pour les animaux d'élevage (avant le droit de vote). Certaines associations de vegans (puisque c'est comme ça qu'on les appelle, ou "végétaliens") ont même fait des campagnes qui comparaient les batteries de poulets avec des camps de la mort nazis (on appréciera le rapprochement).
Via Laurent je découvre une pétition contre l'hippophagie. Si certaines des pratiques que j'ai citées plus haut (notamment le végétalisme et l'antispécisme) peuvent relever de la folie furieuse, elles ont toutes le mérite de la cohérence. En revanche, la lutteuniquement contre le fait de manger du cheval est ridicule. Il me fait penser aux gens qui sont dégoûtés par le fait de manger un lapin, "si mignon", ou un agneau, "si mignon aussi". Ça me fait presque aimer les militants anti-corrida. Nan, sérieusement, les initiateurs d'une telle pétition ne se sentent-ils pas un peu ridicule ? On dirait Brigitte Bardot insulter les Coréens parce qu'ils osent manger du chien.
Laurent a raison, un bon steak tartare, avec ketchup, jaune d'œuf, sel, poivre, tabasco et persil, y a que ça de vrai (je prendrai quelques frites avec, merci). Merde, j'ai faim, je pourrais manger un cheval.