Soyons collectif
Par Adrien, vendredi 27 janvier 2006 à 19:15 :: militantisme :: #883 :: rss
Mercredi 25 janvier, à la Bourse du travail de Paris, c'était la réunion du collectif anti CPE. Y avait des trucs bien, sans rire. Petit bilan d'une réunion qui regroupait des représentants de : FAGE, Cé, Fac Verte, Unef, UNL, FIDL, MJS (plus Re-So, PRS Jeunes, JS PRAG), JC, JCR, Sud étudiants, Attac Campus, CNT, AC!, FSE, les Alternatifs, le CRI, Génération précaire, Alternative libertaire, JOC, PCF, la CGT Jeunes, Jeunes UNSA et bien sûr les Jeunes Verts avec votre serviteur.
Pendant le tour de table, je m'imaginais nous présenter, Yann P. et moi, comme "Souris vertes". On a donc dit "Jeunes Verts". Personne n'a moufté. L'impression d'une crédibilité renforcée par un nom plus présentable a été confirmée par un pote jeune communiste qui m'a avoué avoir bien rigolé quand, sur le site des Souris vertes figurait une animation flash où une souris criait "le monde n'est pas un fromage !" Je me demande sincèrement où vivent celles et ceux qui, en interne, nous affirment que la souris est accepté par tout le monde comme un gage de crédibilité.
Ça été rude cette réunion, surtout à cause des groupuscules alter gauchos et autogérés qui étaient plus venus pour torpiller une dynamique unitaire que pour chercher un mot d'ordre commun. Quand on propose "retrait du CPE", certains insinuent que ça pourrait vouloir dire que des organisations présentes seraient en accord avec le CNE, ou les autres dispositifs institutionnalisant la précarité. Ben voyons...
Avant ça, impossible de se mettre d'accord sur les modalités du vote, ce qui a fait qu'on n'a rien pu décider concrétement. Fallait-il voter avec une voix par orga ou une voix par personne présente ? Tollé des autogérés : personne n'a de mandat pour parler au nom de l'orga, et puis quoi encore ? Je fais remarquer à une demoiselle en face de moi que les porte-paroles, ça existe, ou au pire, le mandat impératif... Le fossé est trop grand entre les tenants d'une représentativité démocratique basée sur la confiance et les tenants d'une organisation horizontale où tout se décide en AG.
Pas de vote donc, ce qui est ridicule finalement, parce qu'on aurait sûrement eu la majorité ("on" = les orgas sérieuses qui ne viennent pas "tous les 15" aux réunions mais avec des représentants), que ce soit au vote nominatif ou au vote par organisation. Passons...
Entre le MJS (de toutes tendances, depuis les jeunes mélenchonistes jusqu'aux jeunes strauss-kahniens) et l'Unef, les jeunes socialistes étaient présents en nombre. Et attention, pas des sous-fifres, Razzye Hammadi lui-même était là, accompagné de Guillaume Blanc. Je me suis dit, en les voyant, que c'était courageux de leur part de venir mouiller la chemise. Chacun a en tête le saccage du stand PS au Larzac, il y deux ans...
Ça n'a pas raté, ils s'en sont pris plein la gueule. Depuis les suspicions de récupération aux accusations de vote des pleins pouvoirs à Pétain, tout y est passé. Saviez-vous que sous Jospin, il n'y avait aucune différence d'avec aujourd'hui ? Si on écoutait les représentants d'AC ou de la CNT, l'ennemi était clairement identifié : pas le MEDEF, mais la CFDT, pas l'UMP, mais le PS. Des vrais alliés de la droite finalement. Je ne dis pas qu'ils sont inattaquables, personne n'est inattaquable (même pas l'Abbé Pierre), mais il y a attaque et diffamation.
Car ce qui était insupportable, c'était la violence des attaques, complètement injustifiées. Intolérable aussi, le fait d'oublier les Verts : merde ! nous aussi on a été au pouvoir ! Vous savez pas que Voynet a autorisé les OGM et l'enfouissement à Bure ? Qu'elle n'avait rien à faire du naufrage de l'Erika ?[1] Ah oui, on a aussi expulsé des mal logés téléguidés par la CNT de notre siège régional à Paris, puis de nos locaux nationaux, à Stalingrad. J'étais vachement déçu.
À propos de Razzye Hammadi, le nouveau président des MJS, je l'ai trouvé plutôt bien. On a senti chez lui une certaine habitude de ces réunions bordéliques, dont on a l'impression que jamais rien n'en sortira. J'étais effaré. Finalement, je comprends pourquoi il ne s'inquiètait pas et ne cherchait pas le consensus (comme d'autres qui devaient aussi avoir de l'expérience) : après avoir gueulé comme des putois, les mouvements altergauchos autogérés ont presque tous signé l'appel minimaliste :
Pour le Retrait du CPE nous ferons du mardi 31 janvier une journée d'action symbolique et nous appelons à une manifestation unitaire le 7 février.
J'aurais personnellement préféré la rédaction d'un véritable appel commun ou même carrément d'un tract unitaire. Tout aurait été préférable à cette date et demi, sans rien de prévu finalement. Va falloir se bouger le cul maintenant, et rendez-vous au 7 février.
Notes
[1] Attention, ces deux dernières phrases sur Voynet sont de l'humour, du second degré.













Commentaires
1. Le vendredi 27 janvier 2006 à 22:46, par Gamin
2. Le vendredi 27 janvier 2006 à 23:25, par Adrien :: site
3. Le samedi 28 janvier 2006 à 05:10, par Dendromatt :: site
4. Le samedi 28 janvier 2006 à 05:13, par Dendromatt :: site
5. Le samedi 28 janvier 2006 à 09:36, par Raff
6. Le samedi 28 janvier 2006 à 11:10, par torpedo
7. Le samedi 28 janvier 2006 à 11:39, par Adrien :: site
8. Le mardi 31 janvier 2006 à 15:18, par Philippe :: site
9. Le lundi 6 février 2006 à 20:11, par Pierre
10. Le jeudi 9 février 2006 à 11:37, par marne pop
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