Arrivé à République, rendez-vous devant le Go Sport pour retrouver une poignée de Verts, mais non des moindres. Yann Wehrling est en effet là, avec Dominique Voynet et Martine Billard, quelques membres du collège exécutif et une poignée de militants.

Yann Wehrling, Pénélope Komitès, Dominique Voynet

De manière générale, la manifestation a été calme. Nous avons piétiné presque deux heures, attendant que le cortège daigne avancer, en plein milieu de la partie hors cortège officiel SOS Racisme, UEJF, Licra et Crif. Au loin, nous apercevions les banderolles et drapeaux de la Ligue de défense juive. J'ai personnellement trouvé leur présence problématique. Quand les membres de l'UEJF scandaient "antisémitisme, république en danger", la LDJ était plus sur le trip "Foffana, les Juifs auront ta peau". À Nation, j'ai surpris ce dialogue d'un membre de la LDJ, déçu : "l'autre jour, y a eu des coups au moins." Heureusement, bien que nombreux, ils étaient largement minoritaires dans le cortège.

(Paragraphe ajouté à 23h33.) Je me trompe peut-être, mais j'ai l'agréable impression que depuis les manifestations de 2002 contre Le Pen, le drapeau français a perdu de son caractère d'exclusion pour retrouver ses couleurs de rassemblement des citoyens. J'ai l'impression que l'extrême droite en a perdu le monopole et qu'il sert également à affirmer les valeurs républicaines d'égalité et de citoyenneté. Cette photo me l'a rappelé, mais j'y avais pensé pendant la manifestation.

Notre secrétaire national préféré s'étonnait du clivage qui existe chez les Verts au sujet de cette manifestation. Il en ressort que c'est bien plus profond, certains militants refusant systématiquement de prendre position sur l'antisémitisme. J'avais l'impression de revivre cette journée de pique-nique en 2004, quand les Verts avaient appelé à la contre manifestation et qu'on était allé (du moins officiellement) se fourvoyer avec un Mrap en pleine dérive, une LDH incohérente et une LCR ridicule.

Cette espèce de tartufferie qui refuse de voir l'antisémitisme me gonfle prodigieusement. Comme s'il n'y avait pas d'antisémitisme en France, comme si, sous prétexte que le meurtre d'Ilan Halimi ne serait pas à 100 % antisémite, il ne fallait pas le dénoncer. Comme si l'acception "juifs = argent" n'était pas un vieux fond antisémite bien pourri, bien diffus dans la société française et particulièrement dans certaines cités, parfois pas forcément les plus mal lotis.

Séquence perso : des gamines de 11 ans qui me certifiaient que les Juifs étaient leurs ennemis, j'en ai eu. Et je n'habite pas les 4000 ou une autre cité ghetto francilienne. Nier ce problème, c'est nier l'enfermement d'une partie de la France sur elle-même, c'est nier un grave problème et se couper les mains au lieu de tenter de le résoudre.

Mise à jour. Franck y était aussi, pour "refuser de se laisser enfermer dans la France à la Sarko et à la Dieudo, découpée entre communautés, liées par le fric et la compétition."

(Billet fort décousu, veuillez m'en excuser.)