Bien évidemment, les Verts font quasiment systématiquement partie de ces collectifs, en tant que parti. On voit souvent le nom "Les Verts" en bas de la liste des signataires. Tant mieux, on est à fond dans le mouvement social.

Cela dit, j'ai quelques questions qui me trottent dans la tête depuis quelques temps...

Tout d'abord, qui décide que les Verts intègrent ou pas un collectif ? Est-ce une décision prise par le bureau national (notre Collège exécutif ? Par les membres d'une commission ad hoc (tout dépend alors du thème défendu par le collectif) ? Parfois, on se découvre signataire d'un appel, participant à un collectif, sans jamais en avoir entendu parler auparavant... Ça pose parfois problème, dans la mesure où la participation à un collectif, ce n'est pas seulement mettre son nom sur un boût de papier (encore que, pour certains...), mais c'est adhérer à certaines valeurs et partager au mons ponctuellement un but avec d'autres organisations. Dans le cas de l'adhésion des Verts au collectif "Une école pour tou-te-s", je ne crois pas que la question ait été franchement posée à tous les militants Verts.

La deuxième question est encore plus importante : a-t-on une idée du gain politique de cette participation effrénée à tous les collectifs qui passent à notre portée ? Prenons l'exemple actuel du Collectif Uni-e-s contre une immigration jetable, dans lesquels les Verts sont très impliqués. Nous fournissons des moyens, des locaux (pour stocker le matériel militant), des forces et du temps de militants... pour quoi ? Une visibilité quasi-nulle puisque nous n'existons pas en tant que parti contre cette loi, contre laquelle ça vaut effectivement le coup de gueuler et de se battre.[1]

L'impression que j'ai, c'est qu'on s'active pour finalement voir la LCR rafler la mise. Mais ça, cette question de l'intérêt politique n'est jamais posée clairement, sans doute est-ce impur.

Un autre grief que j'ai contre les collectifs, c'est le flou de leur prise décision. C'est finalement tout sauf démocratique, puisque des associations avec 200 militants ont autant de poids qu'un parti de 9000 adhérents ou que des partis plus gros. Plus que ça, la prise de décision n'existe pas, et finalement ce sont les plus grandes gueules, ou les groupes avec le plus de moyens qui prennent la décision finale, un peu comme dans une AG "souveraine", ou finalement ce sont les organisations avec les moyens derrière qui prennent les décisions.

C'est probablement encore mon côté anti-gauchiste qui ressort, veuillez m'en excuser.

Ajout le 17 avril

Entendons-nous bien, ce n'est pas l'existence des collectifs que je critique, mais leur inflation et le fait qu'ils soient parfois devenus l'unique moyen de protestation et d'organisation pour certaines associations, dont on ne voit jamais que le nom au bas d'un texte d'appel. En fait, c'est plus l'existence de ces groupuscules que des collectifs que je devrais critiquer.

Notes

[1] D'ailleurs, cette loi a un mérite : mettre sur le tapis la question de l'immigration, des statuts des étrangers et des immigrés, du droit au travail, à la santé, à l'éducation, au mariage, au regroupement familial... Espérons que le collectif ne s'en tiendra pas à des positions "pures" de principe.