Une amie à Beyrouth
Par Adrien le vendredi, juillet 14 2006, 14:23 - divers - Lien permanent
J ai ressenti la deflagration comme si elle etait interne. J ai bondi du lit, mon sang n a fait qu un tour, et je me suis dit:ca y est Tsahal a du taper dans la banlieue Sud!
C'est par cette phrase qu'une amie commence le courriel qu'elle a écrit pour rassurer ses ami-e-s sur son état de santé[1]. Dès que la crise a éclaté en Israël-Palestine-Liban, l'inquiétude pour cette amie a pris le dessus par rapport aux inquiétudes géopolitiques, tellement plus abstraites. Mais on ne les oublie pas. Les images des pistes bombardées, les ponts du Liban Sud détruit par raids aériens, la surenchère réciproque entre Tsahal et le Hezbollah, les Libanais pris en otage par un blocus total du pays...
J'avais déjà ressenti cette peur pour une personne lors des attentats du 7 juillet, à Londres, et lui avait écrit dans les minutes qui avaient suivi l'annonce des attentats.[2] Toujours la fameuse loupe grossissante de l'émotion à cause de la proximité, géographique ou amicale. Ça n'empêche pas, loin de là, la d'avoir des nausées et des haut-le-cœur devant les images de Bombay, comme devant celles de Madrid ou de Londres.
Pour finir, la guerre, c'est les armées rutilantes qui défilent au pas sur la "plus-belle-avenue-du-monde", mais c'est aussi ça :
Dans les rues, les vieux d Achrafieh semblent calmes, et ceux qui ont vecu la guerre reprennent tranquillement les reflexes, mais gardent la tete froide. Pour nous, c est tout nouveau, comment faire sans electricite, tout va pourrir dans notre frigo archi-plein, et y aura-t-il de l eau encore longtemps?
Que répondre à un message pareil, quand les seules détonations qu'on entend sont celles des feux d'artifice ?




Commentaires
Mais les feux d'artifice sont là pour symboliser la guerre. C'est beaucoup plus plaisant lorsqu'on l'oublie...