Une promenade de 1893, un déjeuner de 2006
Par Adrien, mardi 1 août 2006 à 23:29 :: divers :: #1027 :: rss
C'est une nouvelle. Une nouvelle qui trotte dans ma tête depuis quelques temps et que j'ai enfin réussi à estimer finie, presque propre. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas fini un projet de ce type, écrire demande une souplesse qui se perd si l'on se s'en sert pas. Néanmoins, j'espère que ça vous plaira. Ne vous faites pas avoir par le début, ça n'est pas juste une chronique de mariage.
Bonne lecture.
Une promenade de 1893, un déjeuner de 2006
La maire-adjointe aux finances de Déols était une vieille amie de la famille d'Anne-Laure. Elle l'avait mariée à Sébastien avec un regard ému et n'avait pu retenir une larme au moment de la signature des témoins. Tous les invités s'étaient ensuite dirigés vers l'église pour la cérémonie religieuse, où le curé expédia la bénédiction en une demi-heure. Damien entendit les commentaires outrés de la famille de sa cousine, tandis qu'il s'estimait ravi d'échapper à un plus long séjour sur ces bancs inconfortables.
L'ambiance était bonne, détendue, chaleureuse. C'était sans aucun doute le plus beau samedi de juin et Anne-Laure n'aurait pas pu choisir un meilleur jour pour son mariage avec Sébastien. Une légère brise raffraichissait les convives, le soleil baignait le jardin municipal et le vin d'honneur. L'air de l'Indre faisait du bien à Damien. Ce week-end tombait à pic pour décompresser un peu de ses obligations professionnelles.
Il y avait bien cinq cents personnes au vin d'honneur. La famille Pinson était bien installée dans la région. La maison, ou plutôt la bâtisse, qui hébergerait dans la nuit la famille proche où aurait lieu le dîner, appartenait aux Pinson depuis au moins cinq générations.
Quelques notables du coin prenaient un air important. Damien se surprit à les traîter de ploucs et se demanda s'il n'avait pas abusé un peu du champagne et de la sangria, ou si c'était simplement son esprit parigot.
Le hasard de ses déambulations l'avait fait quitter son groupe d'amis. En les cherchant vaguement du regard, tout en essayant de garder une contenance – il était hors de question qu'il passe pour un type seul au milieu des centaines d'invités –, il aperçut au milieu d'un groupe la grand-mère de sa cousine, la mère de sa tante donc. Elle s'appelait Paule et était légèrement voutée, sèche comme une trique, physiquement comme moralement. Il se rappelait qu'elle lui avait toujours paru vieille, inchangée, insupportable. Souvenirs de gosse, quand tous les adultes paraissent également vieux, de quinze ans à soixante ans.
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Commentaires
1. Le mercredi 2 août 2006 à 12:15, par dood
2. Le mercredi 2 août 2006 à 12:18, par Sanciaa :: site
3. Le jeudi 3 août 2006 à 17:07, par cop'taine :: site
4. Le lundi 7 août 2006 à 09:48, par Franck
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