La science des rêves

Loufoque, drôle, tendre, poétique, tout simplement beau par moment, onirique évidemment... ce film conte une histoire d'amour toute simple entre un jeune homme et une jeune femme, voisins. Lui, perdu dans son monde et aidé par un collègue grossier (Alain Chabat, complètement jeté). Les séquences de rêve sont sûrement les plus réussies que je n'ai jamais vues dans un film, tant c'est compliqué à montrer. Michel Gondry rend bien les sensations du sommeil, cette manière dont les lieux et les personnages se mélangent dans les rêves alors qu'on sait qu'on va bientôt se réveiller.

Au niveau visuel, c'est une pure merveille. Le cellophane devient de l'eau, des nuages de coton flottent dans l'appartement sans crier gare, un cheval en peluche apparait, des voitures en carton roulent dans une ville imaginaire... Une vraie bonne surprise en fait, une vraie découverte qui change réellement de ce qu'on a l'habitude de voir.

Miami Vice

On fait plus dans le viril là : gros flingues, grosses bagnoles, gros hors-bords. Bienvenue à Miami, où un flic infiltré dans un réseau mondial de trafic et la nana du boss du réseau vont boire des mojitos à Cuba, parce qu'ils sont meilleurs là-bas. Passés ces quelques éléments énormes dignes de James Bond, le scénario est bien ficelé, les personnages plutôt bien fouillés et leurs relations complexes.

La plupart des scènes sont très bien maîtrisées, surtout la première séquence, en boîte, qui est hallucinante de précision. Le reste est à l'avenant et la fusillade de Heat peut aller se rhabiller.

Les mafieux et trafiquants sont montrés tout simplement comme des hommes d'affaire, mondialisés comme n'importe quelle entreprise. Je ne connais pas la série et je ne sais pas si le film lui est ou non fidèle, mais ça mériterait un coup d'oeil "back in the eighties".

Nausicäa

Enfin, il sort en France ! Enfin, j'ai vu le seul Miyazaki que je n'avais pas encore vu. C'est très beau, même si la musique des années 80 pourrait très bien disparaître. Le scénario, une terre polluée à outrance et des humains qui tentent de survivre face à une forêt toxique aux origines mystérieuses, parait aujourd'hui banal et hélas furieusement d'actualité. Les convictions écolos de Miyazaki ne datent pas de Princesse Mononoke, de même que cette obsession de la guerre et le refus du manichéisme.

Bien sûr, le graphisme et la mise en scène ont un peu vieilli par rapport à des dessins animés plus récents, on imagine également ce que les techniques d'animation plus récentes auraient pu permettre de faire. Quel dommage que la France ait dû attendre 22 ans pour le voir sur grand écran, scandale !