Disparue, la radio ?
Par Adrien le vendredi, octobre 20 2006, 14:32 - divers - Lien permanent
Actuellement, certains professionnels du web et des blogs, auto-estampillés "web 2.0", prédisent la mort du média ringard par excellence à leurs yeux : la télévision. Loïc Le Meur prédit même la fin du 20h pour dans dix ans.
Pourquoi pas ? Il est vrai qu'avec l'explosion du web et l'augmentation du débit, la possibilité de mettre en ligne des vidéos instantanément après leurs prises, les technologies qui permettent de feuilleter la télé (les magnétoscopes à disque dur)... on peut se faire du soucis pour la télé. Cela dit, je ne suis pas sûr que ce média ait dit son dernier mot.
Tous les matins, des millions de gens écoutent la radio. Même si en France la presse quotidienne est en crise, elle est encore tirée à des millions d'exemplaires en Allemagne, en Autriche, au Royaume Uni, au Japon... Quand la radio est arrivée, elle n'a pas remplacé la presse. Quand la télé a débarqué dans les salons, la radio a continué. Je vais même vous avouer un truc : la radio ne s'est jamais aussi bien portée : diffusion sur internet, podcasts, passage prochain à la diffusion numérique. Vous savez quoi ? La presse aussi s'est faite à internet et se cherche un modèle économique, un lien entre la version papier et la version numérique.
C'est chose courante : une nouvelle technologie remplace rarement totalement la précédente. Malgré le courriel, on utilise encore le fax, on se téléphone, le courrier papier a toujours son importance.
Quant à la télé, il est évident (encore que...) son mode de diffusion va changer par rapport à ce qu'on a connu avec l'ORTF ou nos chères 6 chaînes hertziennes. Cela dit, il y a belle lurette que des gens disposent de centaines de chaînes grâce au câble, que les services de pay per view existent, qu'il est possible d'avoir des services interactifs grâce à la télécommande. On peut donc imaginer que comme pour les autres médias, la télé s'adaptera : des programmes proposés par les internautes, moins de fictions et un retour des talk-shows, plus de jeux...
Car j'ai du mal à imaginer un dispositif technique aussi simple que la télévision pour diffuser un programme à des millions de personnes : l'engouement collectif pour regarder les matches de foot lors de la dernière coupe du monde, dans des bars, montre bien qu'elle est loin l'époque où tout le monde sera devant son écran d'ordinateur ou de téléphone portable 3G pour regarder des dribbles. Les écrans achetés par les bars de Beyrouth à cette occasion ont été ensuite utilisés pour regarder les informations. L'utilisation d'Al-Manar par le Hezbollah montre bien le pouvoir que conserve la télévision.
Enfin, l'internet "citoyen" (pour ne pas dire amateur) ne remplacera jamais les vrais journalistes. Je préfère 1000 fois un reportage monté et commenté par Charles Enderlin à une vidéo amateur qui viendrait d'on ne sait où, sans décryptage ni analyse... Les blogs écrits sous les bombes ont une valeur de témoignage extraordinaire, mais ils ne remplaceront jamais le travail d'enquête mené par des journalistes payés, des correspondants de guerre ou permanents.
La complémentarité, l'adaptation, l'évolution, la multidiffusion... voilà à mon humble avis ce que chaque média va faire à l'avenir, comme cela s'est toujours passé dans le siècle précédent.




Commentaires
Disparue la radio, non, mais disparus le crieur de rue, le télégraphe, le télégramme, le pneumatique (dans les bureaux), par exemple.
Au-delà du bullshit 2.0 dont on nous abreuve de tout côté, je pense réellement qu'une révolution numérique est en route et que les modes de diffusion sont en train de changer. Tout ceci n'est qu'une question de temps : le temps que la couverture augmente (connexion au réseau permanente via wifi ou autre) et que les acteurs des médias mettent le paquet (et balayent ou phagocytent les fragiles édifices 2.0 en train de se construire).
PS: ça déconne tes heures de serveur :
> Post Par Adrien, vendredi 20 octobre 2006 à 14:32
> Commentaire par fastclemmy Le vendredi 20 octobre 2006 à 12:59
?
AU contraire je vois l'Internet, et notemment les podcasts, comme une chance pour la radio. Ce média ayant toujours été gratuit, il n'a pas peur d'une concurrence "gratuite". De plus il a toujours eu pour vocation de se tourner vers son public: ses auditeurs. Le sentiment de proximité n'est jamais aussi fort qu'avec la radio et Internet ne peut que renforcer ce sentiment ainsi que le feedbacks des auditeurs et leurs contributions. Par exemple il y a l'émission Home Radio de Radio Nova qui ait faite en partie par ses auditeurs et qui est diffusée sous forme de podcast.
Une réflexion d'historien qui m'a toujours marquée :
On se gargarise depuis 10 ans de la Révolution internet qui a/doit/devait/devra changer nos vies, nos relations au monde et aux autres, blablabla...
Quand l'imprimerie a été inventée et s'est diffusée, il s'agissait d'une véritable révolution en terme de communication et d'échanges entre les sociétés. L'imprimerie et la diffusion en masse du livre, de l'écrit, alors même que 90% des gens ne savaient pas lire, à véritablement changé le cours du monde. Les idées ont commencé à circuler. Le protestantisme s'est diffusé grâce à l'impression, de même que les écrits des Lumières.
Internet ne fait que modifier l'existant, il ne créé pas un monde nouveau.
Mais il est vrai que les acteurs prennent toujours soin de glorifier la pièce dans laquelle ils jouent.
La machine télé, la machine radio vont disparaître, pour moi cela ne fait aucun doute. Des boitiers à coeur de PC trôneront bientôt dans toutes les salons, mutualisant en un seul équipement tous les médias disponibles.
Par contre la radio et la télé en tant que vecteur d'information perduront : l'offre va peut être exploser mais les émissions visuels et auditives continueront.
Par contre ce qui disparait de plus en plus, ce sont les réunions de quartier, autour d'un évenement sportif. Désormais, le citoyen devient virtuel, s'exprimant à travers un nouveau média : internet. Mais il reste seul derrière son PC, anonyme et isolé du reste du monde. Ne risque-t'on pas de faire nos parties de tarot, chacun chez soi, relié par une webcam?
Le blog permet aux citoyens de s'exprimer. Pour moi, c'est le début d'une démocratie participative. Mais également le risque d'un enfermement sur soi tout en se coupant du réel.
A méditer...
Juste un chiffre: 50% de la population n'a pas d'ordinateur en France.
Alors, de la à ce qu'internet remplace la TV, on a de la marge!
Où as-tu vu, fastclemmy, que le télégramme avait disparu ? C'est pas parce-que tu n'utilises pas ce service qu'il n'existe plus ! ;-)
Il s'est même drôlement modernisé : www.telegramme.com/index....
Allez, hop, tous au télégramme !
Et puisqu'on on est dans les précisions, le crieur de rue n'a pas, lui non plus, disparu : il aurait même tendance à revenir à la mode dans de nombreuses villes...
c'est sur un coup marketing le 2.0, non ???
Mais qui fait encore attention aux délires de LLM ?