Pourquoi pas ? Il est vrai qu'avec l'explosion du web et l'augmentation du débit, la possibilité de mettre en ligne des vidéos instantanément après leurs prises, les technologies qui permettent de feuilleter la télé (les magnétoscopes à disque dur)... on peut se faire du soucis pour la télé. Cela dit, je ne suis pas sûr que ce média ait dit son dernier mot.

Tous les matins, des millions de gens écoutent la radio. Même si en France la presse quotidienne est en crise, elle est encore tirée à des millions d'exemplaires en Allemagne, en Autriche, au Royaume Uni, au Japon... Quand la radio est arrivée, elle n'a pas remplacé la presse. Quand la télé a débarqué dans les salons, la radio a continué. Je vais même vous avouer un truc : la radio ne s'est jamais aussi bien portée : diffusion sur internet, podcasts, passage prochain à la diffusion numérique. Vous savez quoi ? La presse aussi s'est faite à internet et se cherche un modèle économique, un lien entre la version papier et la version numérique.

C'est chose courante : une nouvelle technologie remplace rarement totalement la précédente. Malgré le courriel, on utilise encore le fax, on se téléphone, le courrier papier a toujours son importance.

Quant à la télé, il est évident (encore que...) son mode de diffusion va changer par rapport à ce qu'on a connu avec l'ORTF ou nos chères 6 chaînes hertziennes. Cela dit, il y a belle lurette que des gens disposent de centaines de chaînes grâce au câble, que les services de pay per view existent, qu'il est possible d'avoir des services interactifs grâce à la télécommande. On peut donc imaginer que comme pour les autres médias, la télé s'adaptera : des programmes proposés par les internautes, moins de fictions et un retour des talk-shows, plus de jeux...

Car j'ai du mal à imaginer un dispositif technique aussi simple que la télévision pour diffuser un programme à des millions de personnes : l'engouement collectif pour regarder les matches de foot lors de la dernière coupe du monde, dans des bars, montre bien qu'elle est loin l'époque où tout le monde sera devant son écran d'ordinateur ou de téléphone portable 3G pour regarder des dribbles. Les écrans achetés par les bars de Beyrouth à cette occasion ont été ensuite utilisés pour regarder les informations. L'utilisation d'Al-Manar par le Hezbollah montre bien le pouvoir que conserve la télévision.

Enfin, l'internet "citoyen" (pour ne pas dire amateur) ne remplacera jamais les vrais journalistes. Je préfère 1000 fois un reportage monté et commenté par Charles Enderlin à une vidéo amateur qui viendrait d'on ne sait où, sans décryptage ni analyse... Les blogs écrits sous les bombes ont une valeur de témoignage extraordinaire, mais ils ne remplaceront jamais le travail d'enquête mené par des journalistes payés, des correspondants de guerre ou permanents.

La complémentarité, l'adaptation, l'évolution, la multidiffusion... voilà à mon humble avis ce que chaque média va faire à l'avenir, comme cela s'est toujours passé dans le siècle précédent.