Je vous l'avais dit en décembre, j'ai acheté le DVD de Soleil Vert avec le Nouvel Obs spécial Hulot. J'ai quand même fini par le regarder, accompagné. C'était la deuxième fois que je voyais ce film depuis plusieurs années.

C'est pas drôle du tout. Pour tout vous dire, ça nous a même un peu foutu le bourdon tellement les situations évoquées sont vraies et semblent proches de nous. Charlton Heston n'a jamais mangé de pomme, tandis que son libraire attitré pleure de joie en redécouvrant le goût d'un bœuf Strogonoff. Les New-Yorkais dorment dans les cages d'escaliers tant la crise du logement est grande, Manhattan compte 40 millions de chômeurs. La plupart des habitants du monde ne connaissent de la nourriture que celles fabriqué soi-disant à partir de plancton par la société Soylent. L'eau est rationnée au point que l'on ne se lave qu'avec des éponges humides.

En fait, c'est un film de science-fiction, montré comme de la science-fiction. Mais aujourd'hui, ça n'est pas de la SF, ça n'est plus de la SF. La bouffe de merde, la mort des océans, la chaleur étouffante, le régime autoritaire... il est facile d'en trouver les germes voire des exemples flagrants dans nos sociétés d'aujourd'hui.

Mais le pire dans tout ça voyez-vous, c'est que le film date de 1973, adapté d'une nouvelle de 1963 (Make Room! Make Room!, de Harry Harrison). Ce qui veut dire que des gens avaient, dès les années 60, penser à tout ça : fin des ressources naturelles (ressources énergétiques et alimentaires), pollution mortifère, influence des gaz émis par l'homme sur le climat, etc. C'est fou que des bouquins comme Le troupeau aveugle (1972) ou Planète à gogos (1952) aient pu être écrits sans que jamais rien, jusqu'à encore aujourd'hui, ne change quant à notre mode de vie.

Le secret de Soylent Green ? C'est d'être tout près de nous sans qu'on ne s'en rende vraiment compte.