Une force monte en ce moment en France, le centrisme. Victime des médias et des autres partis de gauche et de droite, cette force politique arrive enfin à se faire une place dans la vie politique française. François Bayrou, inconnu il y a encore deux mois, récolte dans les sondages des intentions de vote qui tutoient les sommets nirvanesques du deuxième tour de la présidentielle. Porteur d'espoir et d'un renouveau total de la classe politique, vierge de toute implication passée, François Bayrou est le seul à pouvoir changer quelque chose en France.

Petits rappels de la carrière de ce petit nouveau en politique, ni de droite ni de gauche, mais souvent à droite malgré tout (source Wikipedia) :

  • 1979-1981 : Chargé de mission au cabinet de Pierre Méhaignerie, ministre de l'Agriculture.
  • 1981-1982 : Chargé de mission au cabinet d'Alain Poher, président du Sénat.
  • 1984-1986 : Conseiller de Pierre Pflimlin, président du Parlement européen.
  • 30/03/1993 - 11/05/1995 : ministre de l'Éducation nationale (gouvernement Balladur)
  • 18/05/1995 - 07/11/1995 : ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Insertion professionnelle (gouvernement Balladur toujours)
  • 07/11/1995 - 02/06/1997 : ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (gouvernement Juppé)

Alors que les conseillers généraux, les conseillers régionaux, les milliers de maire adjoints et conseillers municipaux UDF votent toujours dans des coalitions avec l'UMP, alors que la dette et les budgets tant décriés ont systématiquement été votés par les députés UDF (sauf le dernier), François Bayrou essaie de nous faire croire qu'il est social (la "sociale-économie"), qu'il veut réunir toutes les bonnes volontés, dans un vieux fantasme d'éclatement du clivage gauche-droite (et comment gère-t-on les incompatibilités ?).

Sauf que le centrisme au pouvoir, on a déjà vu en France : c'était Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre, François Bayrou...

Désolé, mais tant que Bayrou n'aura pas clairement annoncé son opposition à Nicolas Sarkozy, il restera de droite. C'est tout à fait son droit de ne pas insulter l'avenir, mais dans ce cas il faut assumer. Car même s'il est sincère au niveau personnel, son mouvement reste largement à droite.