Un jour, le permanent des Verts Paris, Saïd, se pointe dans le bureau de campagne accompagné d'une jeune femme. Elle dit vouloir "aider pour la campagne". Un peu interloqué de voir arriver une sympathisante, même pas adhérente, qui demande au siège de la campagne où il est possible de distribuer des tracts, je réponds qu'il serait plus judicieux de prendre contact avec les Verts du 18e arrondissement, qui eux savent quand sont organisées des diffusions de tracts sur les marchés du quartier. Franchement, demander à l'équipe de campagne où on peut distribuer des tracts, c'est un peu demander au siège social d'une entreprise où sont les franchises qui embauchent, si vous me pardonnez l'expression.

Comme je suis un mec sympa et qu'on manque de bras, je demande à la "sympathisante" ce qu'elle fait et j'apprends qu'elle étudie à Sciences Po. Magie, elle sait donc bien écrire et saurait donc répondre à des questionnaires ! Car il faut le savoir, nous sommes assaillis de questionnaires émanant de toutes les associations qui existent en France, depuis le plus gros syndicat jusqu'à la plus petite association nymbiste en passant par les fédérations sportives ou les lobbies classiques (chasse, voiture, pharmacie, etc.). Marianna (c'est son nom) semble ravie de se voir confier une tâche intéressante. De mon côté, je suis content que quelqu'un puisse aider à décharger Anne-Marie d'une infime partie de sa tâche.

Puis plus de nouvelle de Marianna. Alexei ne trouve personne à Sciences Po qui s'appelle Marianna. Anne-Marie n'a aucune nouvelle des questionnaires. On sent qu'il y a un problème.

Aujourd'hui, on découvre le pot aux roses : Marianna est une journaliste de Paris Match. Le magazine a en effet piégé tous les QG de campagne des candidats. Finalement, l'entrefilet sur les Verts est plus sympa : il est titré "Embauche immédiate" là où on apprend qu'à LO on ne peut entrer dans les locaux et qu'à l'UMP on se contente de cocher des cases. Cela dit, l'exercice est un peu stupide : les états-majors de campagne ont hélas peu de temps à consacrer à une seule personne, les groupes locaux, sections, fédérations... sont là pour ça !

Au fait Marianna, c'est quand tu veux pour les réponses aux questionnaires !

Sinon, actuellement c'est le délire médiatique. Plus la peine de chercher les journalistes car poussés par le CSA ils viennent à nous d'eux-mêmes. C'est beau. Alors forcément, mon téléphone sonne plus souvent, celui de l'attachée de presse aussi d'ailleurs. Aujourd'hui, un journaliste m'a demandé comment on prenait ça : "bien, ai-je répondu, on va pas se plaindre d'avoir du temps d'antenne". Le journaliste enchaîne : "parce que des gens comme Schivardi, ça les agace". Évidemment, le Parti des travailleurs n'est pas réputé pour la transparence, c'est comme Lutte ouvrière, limite sectaire.
Un journaliste qui livre ses états d'âme au standardiste de l'équipe de Voynet, c'est émouvant. :-)