Les Verts sont utiles et pas morts !
Par Adrien, mardi 15 mai 2007 à 14:03 :: Journal de campagne :: #1210 :: rss
Comme le dit Alexei, non, nous ne sommes pas morts. Christophe Barbier parle pourtant de crépuscule des Verts (notez le superbe sens de la formule !), au motif qu'on aurait refusé la "main tendue" des socialistes. Quelle bande d'ingrats nous sommes, vraiment !
Soyons sérieux, le PS ne "tendait pas la main" aux Verts. Le PS n'est pas un mécène philantrope mais un parti politique. L'accord était une tentative de fixer un rapport de force entre les deux formations, un équilibre mutuel qui n'a hélas pas été trouvé, j'en ai déjà parlé. Mais revenons à Christophe Barbier. Après un énoncé de faits, il tente une analyse et une prédiction : les Verts vont perdre certains députés (re)nouvellement élus qui rejoindraient le groupe socialiste. Le reste des Verts disputeraient le leadership de l'extrême gauche à la LCR.
Faux, archifaux. Tout d'abord, nos trois députés actuels[1] ne sont dans aucun groupe à l'Assemblée nationale, leur rattachement au groupe socialiste n'est donc pas automatique. Ensuite, le parti ne chercherait pas à disputer un leadership de l'extrême gauche à la LCR. Je vous l'accorde, cela fait déjà quatre ans que nous passons plus de temps à mesurer la distance qui nous sépare de l'extrême gauche et du PS qu'à parler d'écologie, du moins en "temps médiatique" et en "image auprès du grand public". Je crois que la majorité a compris chez les Verts qu'il fallait arrêter les frais. Doit-on rappeler à Christophe Barbier, marteler, que les Verts sont avant tout un parti écologiste, au sens politique du terme ? Comme en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie... En principe, nous n'avons pas besoin de "disputer" un espace politique situé à l'extrême gauche, puisque nous avons le nôtre propre, à savoir l'écologie politique.
L'autre allégation pour expliquer la mort des Verts est que nous ne savons plus parler d'écologie, sauf de manière dogmatique, extrêmiste, irréaliste, idéaliste... Quand un élu local continue à vouloir construire des résidences pavillonaires accessibles uniquement en bagnole, il n'est pas dogmatique. Quand un Conseil général soutient de nouveaux projets autoroutiers alors qu'il édite de jolis plaquettes vantant les mérites du développement durable, il n'est pas irréaliste. Quand un ancien ministre soutient que la solution aux bouleversements climatiques est la voiture hybride et les OGM, il n'est pas extrêmiste. Quand un gouvernement pense que l'énergie nucléaire est propre, sans danger et sûre, il n'est pas idéaliste. Non, ce sont toujours les Verts qui sont dogmatiques, extrêmistes, irréalistes, idéalistes... quand ils proposent de réduire la part de la circulation automobile dans les villes, de réduire la consommation de médicaments, de développer une agriculture respectueuse des sols, de l'eau et de la santé des consommateurs et des paysans ou encore de développer d'autres sources d'énergies et surtout d'économiser cette même énergie.
Sur cette accusation en incompétence écologique, une petite anecdote récente.
L'autre jour, Antoine et moi boîtions un quartier de Bussy-Saint-Georges pour annoncer la conférence-débat du 14 mai. Alors que nous parcourons une allée pavillonnaire, Antoine donne en main propre le tract à une femme qui rentre chez elle, avec ses courses.
Alors qu'il part pour la prochaine boîte aux lettres, la dame l'interpelle. Elle vient de lire le tract et a une question à poser. En gros, elle demande des conseils à propos d'un crématorium qui devrait être construit à proximité. Je ne connais pas le dossier, ni local ni général, à savoir que si je sais que les incinérateurs industriels de déchets sont nuisibles à l'environnement, je n'ai aucune idée des effets environnementaux de l'incinération d'un cerceuil et du corps qui l'accompagne.
La dame explique donc le problème à Antoine, qui tente de lui apporter des réponses. Évidemment, il lui parle de nous, des Verts donc, et l'invite à passer à la conférence pour en parler ensuite. S'ensuit cette formidable réflexion : "moui mais, en fait, on veut surtout pas se politiser..."
Pourquoi raconté-je cette anecdote ? Tout simplement parce que mine de rien, malgré son envie de ne pas "politiser" l'affaire, cette dame était bien contente de trouver un militant écolo. Le fait de voir que nous étions Verts lui a fait se dire qu'on pouvait sinon l'aider, ou moins la conseiller. De manière plus générale, les Verts sont les premiers que viennent trouver les associations environnementales. Il faudra à un moment ou un autre accepter de politiser ces problèmatiques, car, désolé de le dire, tout est politique. Certains sujets sont consensuels, d'autres clivent la classe politique et la population, mais la plupart ont besoin d'être porté à un moment ou un autre par des gens qui en font leur cheval de bataille : les conditions de travail, l'égalité homme-femme, l'école... même chose pour l'écologie.
Notes
[1] Noël Mamère, Yves Cochet et Martine Billard. Notez que Barbier n'est pas capable de les citer...













Commentaires
1. Le mardi 15 mai 2007 à 14:46, par Tryphon :: site
2. Le mardi 15 mai 2007 à 16:04, par Val
3. Le mardi 15 mai 2007 à 17:23, par Yo
4. Le mardi 15 mai 2007 à 17:36, par Adrien :: site
5. Le mardi 15 mai 2007 à 18:03, par Scykhan
6. Le mardi 15 mai 2007 à 20:33, par Rype :: site
7. Le mardi 15 mai 2007 à 23:31, par Passant
8. Le mercredi 16 mai 2007 à 01:31, par Christophe
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