Verts tchèques de droite (?)
Par Adrien le samedi, mai 26 2007, 15:57 - politique - Lien permanent
C'est une question récurente, pourquoi les Verts sont-ils de gauche ? J'en ai parlé récemment, pour expliquer pourquoi l'écologie était plus encline à pencher à gauche qu'à pencher à droite. La première explication à donner est que l'écologie n'est pas réductible à la seule protection de l'environnement et des espaces naturels.
En République Tchèque, les Verts ont fait le choix aux dernières élections de participer à une coalition de centre droit. C'est un choix. On peut pousser des cris scandalisés et casser des chaises en dénonçant ces traitres à la cause. Pourtant l'expérience est intéressante car elle capote aujourd'hui. En effet, les Verts se heurtent aux fondements de la classe conservatrice tchèque, à savoir une frilosité important à l'égard de l'Union européenne par exemple et des positions anti-écolo.
Voilà, c'est une des démonstrations que la droite et l'écologie sont en général incompatibles, si on parle bien de l'écologie comme d'un projet de société et non comme une thématique précise. Il n'est pas dit que les socialistes tchèques soient fréquentables non plus, je connais trop mal les réalités politiques de l'Est pour me prononcer, mais on sait en tout cas qu'avec la droite c'est quasiment mission impossible.
Plus de détail en surfant sur la Vague verte.


Commentaires
Notons quand même que les Verts tchèques ne disent pas être de gauche, contrairement à la plupart des Verts européens.
Il y a un article intéressant (dont je n'avais pas connaissance lorsque j'ai écrit mon article) là:
www.nouvelle-europe.eu/in...
Pour ma part, je trouve l'initiative tchèque très intéressante. En effet, je pense que les questions d'environnement et d'écologie ne devraient pas se cantonner à un "bord politique" mais devraient être omniprésents: à gauche comme à droite.
La gauche est plus enclin à accepter ces discussions, mais, en France, l'est-elle pour une raison réelle ou simplement pour augmenter le nombre d'électeurs potentiels ??? Surtout en ce moment ?
Le projet tchèque à capoter...? Il a au moins vécu un temps, ce n'est pas si mal, et, peut-être a-t'il permis quelques évolutions, ce qui est déjà un grand pas.
Le mieux, effectivement, serait un parti Vert, ni gauche, ni droite, mais omniprésent et forcément admis au gouvernement. Mais là, on peut toujours rêver !!!
Bonjour,
Votre billet précédent montre à juste titre que l'écologie politique va nécessairement au delà d'une "défense de la nature". En particulier, il montre qu'il est difficile de sauver la planète sans justice sociale.
Mais il ne montre en rien que l'écologie est "de gauche", sauf à supposer que l'idée de "justice sociale" soit ©gauche. À mon humble avis, elle est au moins autant "du centre" que "de gauche". (Ainsi, le slogan "la loi du plus juste" fréquemment utilisé par Mme Royal avant le 1er tour, était le mot-clé du discours-programme du congrès UDF de Lyon en juin 2006. mais on peut remonter aux sources du centre, Marc Sangnier au XIXème siècle, on fera le même constat).
Au passage, et comme vous le savez, les Verts n'ont pas toujours été "de gauche" en France. Ils étaient ainsi dans des coalitions avec le centre et la droite pour diriger plusieurs Régions entre 1992 et 1998.
Bien cordialement !
oups : "janvier" 2006 et non juin.
1. L'expérience tchèque n'a pas encore vécu. Elle est en difficulté, cela peut encore s'arranger.
2. Les Verts suisses (tendance concombres) ont longtemps été ni à gauche, ni à droite. Ils se sont finalement positionnés à gauche, même si parfois de manière relativement centriste.
Dans ce domaine, on assiste actuellement à l'émergence de deux nouvelles forces "vertes" en Suisse: "écologie libérale", en Suisse romande, qui émerge des partis de droite et qui se positionne clairement à droite et "les verts libéraux" à Zürich, scission des Verts, qui se positionnent au "centre".
Les premiers auront leurs premières échéances électorales cet automne seulement; les seconds ont bien réussi leur entrée à Zürich, mais leur progression ne s'est pas fait aux dépends des Verts. A suivre!
A FrédéricLN : Non, aucun membre des Verts n'a participé à un exécutif régional entre 1992 et 1998, sauf dans les deux régions dirigées par une alliance entre le PS, le PCF et les Verts, à savoir le Limousin et le Nord-Pas-de-Calais. Dans cette dernière région, c'est d'ailleurs l'absence de majorité absolue pour le PCF et le PS, au soir des élections, qui les a contraint à confier la présidence de région à Marie-Christine Blandin, ce qui a constitué les prémices de la gauche plurielle. Dans toutes les autres régions, présidées par le RPR et/ou l'UDF, les seuls "écologistes" qui se sont alliés avec eux avaient été élus sur des listes Génération écologie. Ces alliances avec la droite ont d'ailleurs progressivement provoquer le départ de ce parti crypto-mitterrandien de nombreuses personnes qui ont depuis rejoints les Verts. Comme un certain Noël Mamère...
Intéressant débat.
Je dois dire que lorsque nous avions organisé le "Café Européen" sur les Verts en Europe de l'Est, Jacques Rupnik et Monsieur Lambert (le porte parole du Parti Vert Européen) avaient été très intéressants.
Autre remarque: quand on sait le rôle qu'ont joué les mouvements écologistes dans la chute de l'URSS, comment expliquer qu'ils soient si faibles à l'Est?
www.nouvelle-europe.eu/in...
@Bix : Oups : je croyais que par exemple M. Blanc en Languedoc-Roussillon, M. Baur en Picardie, avaient eu en 1992 le soutien des Verts. Mais je ne retrouve pas de source fiable, c'est peut-être ma mémoire qui me joue des tours.
CHer Adrien,
la situation en RépTChèque est légèrement plus compliquée. De plus, il faut l'élargir au niveau européen.
1) elle est plus compliquée. Les Verts tchèques, nouveau parti sur la scène politique tchèque a un peu bouleversé les alliances traditionnelles et se sont fait "faiseurs de rois" au parlement, comme ça a souvent été le cas. Ils avaient le choix d'une coalition avec les staliniens et les socio-démocrates pourris (avec pour exemple T. BLAIR) et les néo- thatchériens aliés aux démocrates chrétiens. ALors, le choix n'a pas été facile. Mais il s'est fait au prix d'une alliance programmatique courageuse et pas facile. De plus, la coalition n'est pas morte.
2) la coalition avec la droite n'est pas nouvelle. Dans certains landers allemands et autrichiens, elle s'est déjà faite ou se fait actuellement, tout comme dans certaines villes suédoises ou suisses. En Belgique, ECOLO était au pouvoir avec les libéraux, en Italie avec les chrétiensdémocrates.
Aujourd'hui, en Europe, les Verts (présents dans le Parti vert Européen) sont dans 4 gouvernements, dont trois de droite : Lettonie, Finlande, RépTchèque.
et un de centre gauche : italie
et peut etre un autre de droite : lrelande.. (qui sait où vont les discussions)..
et pleins de gouvernements locaux de centre gauche : Ecosse, Londres, Catalogne...
ce n'est pas une compromission d'aller au gouvernement avec la droite. C'est juste le constat que les socio-démocrates, travaillistes et autres socialistes n'hésitant pas à aller au gouvernement avec la droite, les Verts n'étant pas un mouvement d'extreme gauche, je ne vois pas au nom de quoi les Verts devraient poser un veto sur la droite.