Il arrive parfois de tomber sur des pépites. Ça m'est arrivé ce matin en découvrant l'appel Maintenant, à gauche ! de Clémentine Autain et d'autres "antilibéraux". Tout y est dans ce texte, de la cécité politique à l'arrogance d'avoir raison. Incroyable.
La double défaite électorale est sévère. Le sursaut au 2° tour des législatives confirme que la présidentielle était davantage le reflet de la faiblesse du projet de la gauche que d’une droitisation en profondeur de la société. Il s’agit de la première marque de résistance aux premières mesures annoncées par la droite.
Ça décolle fort dès la deuxième phrase, on sent les auteurs très haut, loin de la réalité. Avec la troisième phrase, ce n'est plus un avion, c'est une navette spatiale. Par ces premières phrases, l'autoproclamée "gauche de la gauche" vit dans le mythe d'une société qui attend la vraie gauche, cette gauche radicale dont on sait qu'elle résoudra tous les problèmes, résorbera la dette publique, amènera la paix dans le monde et rendra illégale la gueule de bois.
Par Adrien,
mercredi 27 juin 2007 à 15:58 ::divers
(Attention, sujet absolument pas politique !)
Ce soir, France 2 diffuse FBI : portés disparus, un épisode inédit de la 5e saison et deux épisodes des saisons 2 et 3. Outre qu'on pourrait s'étonner de la diffusion d'anciens épisodes sans respecter leur ordre (on a fini par s'y habituer), je suis énervé par le changement de jour de diffusion. Le principe d'une série télévisée, c'est le rendez-vous régulier avec le téléspectateur. Là, France 2 a préféré mettre Clara Sheller et déplacer FBI, une redif' au détriment d'un inédit. Pourquoi ?
De manière générale, je suis assez étonné des stratégies de diffusion des séries par les chaînes hertziennes françaises. France 2 qui diffusait À la Maison blanche après minuit le dimanche soir, M6 qui déplaçait X-files du jeudi au samedi et qui passait 2 puis 3 épisodes inédits par soir (ce qui ramenait la diffusion de la saison à même pas 3 mois et tuait tout suspense), M6 encore qui décala subitement en 3e partie de soirée Sex in the City, France 2 qui programme la nouvelle saison d'Urgences en plein été...
Je passe sur les rediffusions jusqu'à plus soif des Navarro ou Commissaire Moulin de TF1, où d'une semaine sur l'autre les personnages perdent 10 ans (mais là je m'en fous, je regarde - presque - jamais). Sans oublier les sagas françaises diffusées en bloc : qu'on m'explique l'intérêt de faire des épisodes de 55 mn si c'est pour en diffuser 3 par soirée ? Quel est l'intérêt de diffuser deux épisodes d'1h30 deux soirs de suite quand il n'y a que 5 épisodes en tout ?
Cela dit, saluons l'effort de TF1 qui met Grey's Anatomy en VO sur la TNT (même si j'accroche décidément pas), ou France 2 qui diffusé FBI quasiment en même temps qu'aux États-Unis.
Par Adrien,
mardi 26 juin 2007 à 20:58 ::politique
En voyant Nicolas Sarkozy s'agiter sur tous les fronts, tous les dossiers, faisant de l'ombre à tous les ministres et à Fillon (France 2 l'a même comparé à Jack Bauer), une question me taraude. En effet, alors qu'en 12 heures d'une journée de travail normale on l'a vu dans 3 manifestations différentes, prononcer 2 discours, serrer la main à 4 chefs d'État, recevoir 10 représentants d'étudiants, sauver le Darfour et fait plier les syndicats, on l'a plus vu que Chirac en un mois.
La question est donc : que fichait donc Jacques Chirac pendant ses mandats ? Ou la question subsidiaire : que faisait Chirac que Sarkozy ne fait pas pour avoir le temps d'apparaître partout ? Question importante : quelle est la bonne question à se poser ?
Autrement, quelques nouveaux articles chez Écopolit, de mon cru ou non :
S'il y a bien un sujet qui pourrit le débat politique à chaque fois qu'il est évoqué, c'est l'immigration. Au-delà de la complexité de ce problème, il a le chic de soulever les réflexes pavloviens de chaque côté. D'un côté, remugles nationalistes et racistes sont courants, ainsi que la xénophobie ou les racourcis entre chômage et immigrés. De l'autre, on observe une tendance à la cécité sur une partie de la question, une focalisation sur une petite partie et la même simplification parfois infantilisante et victimaire.
Quand Sarkozy a dit vouloir imposer négocier un "traité simplifié" pour faire redémarrer l'Europe institutionnelle, on a bien senti qu'il se passait quelque chose de l'ordre d'un retour à l'avant mai 2005, comme un coup de gomme.
Par Adrien,
mercredi 20 juin 2007 à 16:05 ::politique
C'est énorme et complètement inattendu. Non seulement la gauche dans son ensemble gagne des sièges de députés dans la défaite générale, mais les Verts arrivent à faire élire un quatrième député grâce à un accord local. C'est pour le moins inhabituel dans une défaite.
Aujourd'hui, surprise de taille : les Verts gagnent un nouveau parlementaire, un sénateur cette fois-ci. En effet, Jean-Marie Bockel était sénateur du Haut-Rhin, élus sur un scrutin de liste. Son départ du Sénat fait automatiquement monter d'un cran toutes les personnes de la liste. Un nouvel élu arrive donc, c'est un Vert, il s'appelle Jacques Muller et est maire de Watwiller. Félicitations à lui !
Par Adrien,
mardi 19 juin 2007 à 14:36 ::politique
Ainsi, contrairement à ce que j'annonçais sur Écopolit, c'est bien Jean-Louis Borloo qui remplace Alain Juppé à la tête du grand ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables. Il reçoit les renforts de Dominique Bussereau aux transports et de Nathalie Kosciuscko-Morizet à l'écologie, tous deux secrétaires d'État.
À part un rapide flirt avec Génération Écologie à sa fondation, Jean-Louis Borloo n'est pas ce qu'on pourrait appeler un écologiste convaincu (ni convaincant d'ailleurs). On ne peut pas non plus lui attribuer l'expérience et la réputation de travailleur d'Alain Juppé, ni la stature. Alors, à quoi rime cette nomination ?
Ceux qui s'étaient mis à croire à la prise en compte sérieuse des problématiques écologiques vont hélas en être pour leurs frais : Jean-Louis Borloo est puni. On le prive de ses domaines de "compétences" que sont l'emploi et la solidarité. On se retrouve donc avec à la tête de ce qui était censé être la priorité absolue du président Sarkozy un incompétent, puni. Le Grenelle de l'environnement ne s'annonçait déjà pas extraordinaire, mais là on va toucher le fond.
C'est quasiment devenu un cliché, de défaites en défaites : la gauche doit se rénover, se reconstruire, se moderniser, etc. Parfois on entend un "entrer en résistance", terme porteur d'espoir puisqu'il s'agit là seulement de luttre contre quelque chose, en se gardant bien de proposer quoi que ce soit de viable et crédible.
Quoi qu'il en soit, il va peut-être falloir que la gauche dans son ensemble se pose quelques questions sur son mode d'organisation et la façon dont elle traîte certains sujets. Sur l'organisation, je pense qu'il est un peu tôt pour en parler, tant en ce moment nous assistons à des grands n'importe quoi dans les prévisions, à l'image de ce qu'on a entendu en 2002. Politiques comme journalistes se laissent aller à leurs fantasmes de recomposition. La vérité, pour l'instant, c'est qu'à part la fin de l'UDF et la tentative d'émergence d'un centre "indépendant", l'éclatement n'est pas si énorme que ça et en fait de recomposition, on a beaucoup de personnes qui sont simplement retournées à la maison.
À propos des sujets (mal)traîtés par la gauche, là on peut commencer à parler. Il s'agit en général de sujets qui ont été complètement monopolisés par la droite et qui sont constamment abordés d'une manière qui pourrit le débat : 35 heures, emploi et temps de travail, immigration, sécurité, politique internationale et bien sûr, l'environnement au sens large (santé publique, transports, préservation des espaces naturels et des espèces...). Ce sont les sujets qui me paraissent prioritaires, j'en ferai plusieurs billets, un par sujet.
Klarsfeld battu. Juppé battu. François de Rugy élu à Nantes, face au sortant UMP : les Verts ont 4 députés.
Ce sont les bonnes nouvelles de cette soirée, au milieu, tout de même, d'un amas de mauvaises et au sein d'une défaite globale. Je n'ai rien à retirer à ce qu'en dit Mickaël sur son blog. Hop, au boulot.
Il se chuchote que l'ouverture à la gauche et au centre, promise par Nicolas Sarkozy, pourrait profiter à Corinne Lepage; Si ça se confirme, ce sera du propre.
Par Adrien,
mercredi 13 juin 2007 à 15:08 ::divers
Hop, une nouvelle livraison à Écopolit : Du réchauffement climatique comme un cache sexe. Sûrement pas ce que j'ai écrit de mieux, mais franchement je n'arrive pas à articuler correctement cette intuition que j'ai : beugler sur le réchauffement climatique en en faisant l'unique priorité soi-disant écologique, c'est occulter, oublier, effacer, les autres problématiques au moins aussi importantes que sont les pollutions de l'air, des sols et de l'eau... Je ne vais pas réécrire l'article sur mon blog, allez sur Écopolit !
Les solutions, on ne le répétera jamais assez, ne sont pas que techniques, contrairement à ce que la plupart des dirigeants actuels, aveuglés par le “progrès”, voudraient faire accroire. Désolé d’être pessimiste, mais le monde de demain sera marqué par les migrations massives de 250 millions à un milliard de réfugiés écologiques (habitants des littoraux, victimes de sécheresse ou de la désertification). Ce fait ne se prépare pas en vantant les mérites de la Toyota Prius sur le nouveau contournement autouroutier de Bordeaux, par exemple.
Les Verts ont décidé de soutenir, sauf exceptions notables, les candidats de gauche au deuxième tour. C'est le moins que l'on puisse faire. Au niveau local, nous avons décidé d'apporter un soutien actif à Olivier Faure, comme en témoigne le communiqué d'Antoine.
Dimanche, on essaiera de faire mentir les mathématiques.
Dimanche dernier, j'étais "délégué de liste" pour Antoine, sur les communes de Collégien et de Torcy. Délégué de liste, à consiste à contrôler les opérations dans les bureaux de vote : les bulletins, les isoloirs, l'urne... tout est-il bien réglementaire ?
À Collégien, c'est un double bureau de vote, c'était vite fait. À Torcy, 10 bureaux à visiter. J'ai donc tout fait en vélo entre 10h30 et 11h45. Oh, pas grand chose à dire, le plus gros grief que j'aurais eu à faire était la mauvaise organisation de l'équipe d'un bureau. L'inefficacité de la personne qui recherchait les noms dans le cahier d'émargement (point faible de la rapidité du scrutin) me donnait envie de le lui arracher des mains pour le faire à sa place. À part ça...
Dans un des bureaux, un socialiste me demande si je fais tout en vélo. Je réponds par l'affirmatif. Il juge utile de préciser que je suis "jeune" donc apte à perdre mon temps en vélo avec mes bonnes jambes de "jeune". Une autre socialiste rétorque que je prends surtout mon vélo parce que je n'ai pas de voiture. Ah ! Je suis rassuré, le PS pas écolo existe encore, moi qui pensait que tout le monde était devenu super écolo.
J'avais commencé à faire "à la main" un recensement des circonscriptions où les Verts ont obtenu plus de 5 % des suffrages, c'était compter sans les Verts eux-mêmes qui ont fait un tableau automatique. Hors candidats communs avec le PS (les 3 sortants, plus Aschieri dans les Alpes maritimes et François de Rugy à Nantes), le meilleur score est réalisé à Fougères, en Bretagne, avec plus de 18 % ! Bravo !
En gros, les bonnes implantations sont la Bretagne, Paris, l'Alsace, le Rhône, l'Isère, la Loire Atlantique et Montpellier. Bravo à Harry Durimel et Brigitte Wyngaarde pour leurs bons scores en Guadeloupe et Guyane. Même chose pour Pierre Hurmic à Bordeaux.
Ce couperet des 5 % est cruel, car entre 5,05 % et 4,92 % des voix, le poids est relativement le même. Pas aux yeux de l'État, mais il faut bien fixer la limite des remboursements quelque part. Ces 49 candidat-e-s qui ont passé cette barre fatidique vont probablement faire un bien immense aux finances du parti.
Putain, la claque... Je suis littéralement sonné : l'abstention, les scores, les projections en nombre de sièges... Au niveau local, ce n'est pas extraordinaire non plus, Antoine fait 2,77 %, Brunel est quasiment élue au premier tour avec 46 %. En Seine-et-Marne, Faure fait le meilleur score socialiste avec 29 % des voix. Horrible.
Cette démobilisation de l'électorat de gauche me surprend, me glace. Dans certains quartiers, c'est moitié moins d'électeurs qui s'est déplacée ! Les élections législatives ont perdu tout leur intérêt, tout le monde a l'air d'avoir intériorisé que ça ne servait à rien d'aller voter, puisque Sarkozy avait déjà gagné. La droite, en revanche, s'est déplacée et a donné des scores phénoménaux à ses candidats.
Les scores sont tellement hallucinants que j'en ai la tête qui tourne. Par SMS, quelques infos arrivent sur les scores des candidats potes dont j'avais parlés, tout le monde n'est pas dans les tréfonds électoraux, mais bon... C'est pas la joie non plus.
À la mairie de Torcy, le pire était ces quelques socialistes croisés qui finalement jubilaient doublement : Royal a perdu, Faure est en difficulté, par deux fois le candidat qu'ils n'avaient pas choisi a perdu et/ou est en difficulté. Cette joie dans la défaite me sidère, tout comme l'éternel discours "on a perdu parce qu'on n'était pas assez à gauche". Bon, rien de nouveau quoi.
Je vais essayer de dormir.
Ajout : par contre, ça a l'air d'être un peu mieux en Belgique, ah, ces Ecolo !
J'ai parlé l'autre fois des candidats potes, du moins celles et ceux que je connais le mieux. En fait, j'avais oublié deux Julie, candidates dans la Gironde ou en Seine-et-Marne : Julie Laernoes avec qui j'ai partagé l'aventure de la présidentielle et Julie Nouvion avec qui je partage la campagne pour Antoine.
Au sujet de la 2e Julie, candidate sur la 6e circonscription de Seine-et-Marne (celle de Jean-François Copé oui), j'aurais beaucoup à dire. Grâce à elle, nous sommes 3 équipes de 2 à avoir sillonné les routes seine-et-marnaises hier soir afin de coller son affiche officielle sur un maximum de panneaux officiels.
Ce n'est pas rien, c'est réellement la campagne là-bas. Certains villages sont à 7 km des autres lieux d'habitation, la plupart ne sont que des "villages-rue", avec un seul et unique panneau électoral. Un village a même donné comme espace aux candidats une zone d'un mur de pierres, les numéros peints en noir. Poétique mais peu pratique. Bref, une partie de mon département que je ne connaissais pas, aux frontières avec l'Oise et l'Aisne... oui oui, la Picardie.
En tout, 200 km de routes et 5 heures de collage pour que le maximum d'électeurs potentiels de cette circonscription voient le nom et la tête de leur candidate Verte. Ainsi, les personnes qui veulent voter Vert pourront le faire en glissant un bulletin "Julie Nouvion" dans l'urne. J'espère qu'ils seront nombreux à le faire.
Giovanni Bisignani, le patron de l'Association internationale du transport aérien (Iata), affirme que l'aviation civile n'émettra plus de CO2 dans 50 ans. Bon courage, l'avion est le moyen de transport le plus gourmand en pétrole. L'article du Monde ne précise pas quelles sont les voix de recherche actuelles... Solar Impulse ?
Aujourd'hui sur le terrain et demain dans le Parisien, nous avons fait une action de campagne choc, sûrement la plus choc depuis longtemps ici à Marne-la-Vallée. Nous avons créé une piste cyclable avec du blanc de Meudon (ou "blanc d'Espagne"), cours des lacs, entre Torcy et Lognes.
Le principe est simple : vous prenez le blanc de Meudon et vous badigeonnez la route, comme c'est visible sur la photo ci-contre. Vous en profitez pour expliquer aux passants, piétons, cyclistes ou automobilistes, le sens de votre démarche. À Marne-la-Vallée et dans le Val-Maubuée, les pistes cyclables existent mais sont pour la plupart laissées à l'abandon. Nous revendiquons leur mise en valeur (refonte des marquages au sol, de la signalisation), leur mise en réseau (trop de pistes s'arrêtent sans raison après une centaine de mètres) et la création de nouveaux tronçons pour pouvoir circuler partout. En parallèle, il faut que des parkings à vélos soient créés partout dans les lieux de vie.
Autant de revendications qu'on porte pour 2007 et qu'on portera en 2008, pour les municipales.