Ça ressemble à de la SF mais ça n'en est pas, c'est hélas la triste réalité et cela fait la une des principaux journaux : Les abeilles sont malades de l'homme et disparaissent, en masse. La conjugaison de multiples facteurs semble en cause (bouleversements climatiques, insecticides, OGM...), on parle aussi d'un parasite asiatique qui aurait conquis le monde au gré des échanges d'espèces. Quoi qu'il en soit, l'humain est responsable de cet état de fait et risque d'en payer très cher les conséquences.

Depuis le temps que les écologistes et les apiculteurs tirent la sonnette d'alarme, l'affolement ambiant parait bien dérisoire. L'ironie de la situation, un des occupants les plus petits de la planète est finalement un des plus utiles à l'humanité, ne fait même plus rire tant le désespoir parait la solution la plus simple.

Citations de l'article du Monde :

Puis les cultures de légumes ont recouvert la région. Ailleurs en France ce furent le blé, le maïs, le tournesol. La transhumance commença, le grand jeu de cache-cache avec les pesticides aussi. "Ils sont arrivés dans les années 1970, on s'est pris de sacrées raclées", se souvient Jean Brun. Cela continue. L'an dernier, il a perdu quatre-vingt six colonies. "Le voisin avait traité ses pommiers, il n'y avait pas de fleurs sur les arbres, mais au sol, oui, et les abeilles ont dérouillé." L'année précédente, c'était "à cause d'un mariage". "Quelqu'un ne voulait pas de moustiques à la noce de sa fille. Après le traitement, il n'y a plus eu ni moustiques ni abeilles."

Or la survie de 80 % des plantes à fleurs et la production de 35 % de la nourriture des hommes dépendent de la pollinisation. Aux Etats-Unis, ce marché a été évalué à 15 milliards de dollars. Certes, ni le blé, ni le riz, ni les pommes de terre n'ont besoin d'abeilles. Mais imagine-t-on un monde sans fruits, sans légumes et sans fleurs ? Circonstance aggravante, les autres pollinisateurs ne s'en tirent pas mieux. "On a toutes les raisons de penser que quand l'abeille domestique a des soucis, c'est pire pour les espèces sauvages, car la colonie a un effet protecteur", explique Bernard Vaissière. Les spécialistes de l'abeille se sentent un peu seuls. Nous vivons dans une société "insectophobe", dit Francesco Panella. Pourtant, sans les insectes, rien ne marche. Ils sont la colonne vertébrale des écosystèmes terrestres. "Ce sont les grands oubliés du monde animal, déplore Marie-Pierre Chauzat, membre de l'équipe abeille de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Ils n'ont pas les grands yeux du panda, les belles plumes des oiseaux, la jolie fourrure des bébés phoques."