J'étais content que la France accueille la coupe du monde 2007, même si la survente par TF1 de cet évènement était gonflante. Pour le match contre l'Angleterre, c'était tout juste si Claire Chazal n'était pas peinturlurée en bleu-blanc-rouge pour son JT. Sébastien Folin a ensuite fait le clown en se dédoublant pour la météo, ah ah. Du grand n'importe quoi. Ça me faisait un peu l'effet d'un sauve-qui-peut général, comme s'il était trop tard mais qu'il fallait maquiller la défaite par une surenchère de suspense, comme si le futur poste de Bernard Laporte était à ce prix.

La mayonnaise a un peu pris. Au-delà du Sud-Ouest déjà fan de rugby, le reste du pays a supporté son XV. La dramaturgie contre les All Blacks a fonctionné à plein, l'enjeu d'une place en finale contre les Anglais a permis de faire encore un peu monter la sauce. 80 000 personnes au Champ de Mars, c'est proprement monstrueux et du jamais vu pour du rugby. Je ne vais pas jouer mon élitiste, je suis content que les Français (re)découvrent ce sport et sortent un peu la tête du foot. Ça change.

Mais cet engouement pour le rugby est tellement consécutif aux pitreries de TF1 et Sarkozy[1] qu'il va sans doute assez vite retomber. La Fédération française de Rugby enregistrera sans doute une hausse des inscriptions de jeunes dans les clubs, comme le judo après chaque JO, mais ça s'arrêtera là.

Pour ma part, je regarderai les prochains matches du Tournoi des VI nations (l'Italie a rejoint le Tournoi en 2000) et continuerai à vibrer pour les mauls, les mélées, les plaquages, les touches, contre les Anglais et pour les Écossais (ne cherchez pas, c'est comme ça, c'est à cause de la Auld Alliance) ; même si TF1 n'en fait pas tout un plat. Entretemps, la France se sera trouvé de nouveaux héros dont un joueur à la pilosité avantageuse qui tourne dans une pub débile mais aux qualités rugbistiques discutables (filles et garçons connaisseurs préfèrent un Michalak...).

Pour la petite finale, j'espère que la France remettra les pendules à l'heure face à l'Argentine, parce qu'il y a des limites à l'indécence. Pour la finale, je plains les Anglais. Le match d'hier a montré une équipe d'Afrique du Sud très organisée et prompte à surgir de nulle part. Mais je suis partagé : faut-il soutenir l'équipe de l'hémisphère nord contre l'arrogance de l'hémisphère sud ou supporter l'adversaire de la perfide Albion ? Choix cornélien auquel j'espère que Maître Eolas saura apporter une réponse...

Notes

[1] montré à Cardiff, caché au Stade de France, comme si les directives de la comm' élyséenne étaient : associer son image à la victoire, ne pas l'associer à la défaite. Ça c'est un président solidaire de son équipe !