Le plus choquant, ce qui révèle finalement le plus le malaise actuel, c'est : "Nicolas Sarkozy a-t-il oui ou non évoqué le problème des droits de l'Homme à Khadafi ?" Non pas parce qu'il serait indispensable d'en parler au leader lybien (il est probable qu'il ait un jour lu un rapport ou deux sur ces étranges coutumes occidentales), ni parce qu'il est obligatoire de sacrifier à notre bonne vieille tradition d'accueil, mais parce qu'on doute de la parole des protagonistes.

Notre président dit lui en avoir parlé. Le Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste nie, ajoutant même que ça n'est pas la peine. En principe, nous devrions accorder plus de crédit à la parole d'un président de la république démocratiquement élu qu'à un colonel dictateur de pacotille sanguinaire, au regard perdu dans le vague et à la démarche hésitante. À ce titre, l'interview orchestré par France 2 était caricatural, à se demander si sa diffusion en France était utile et si on n'aurait pas pu faire comme TF1-Bouygues BTP avait fait pour Saparmourat Niazov.

Pourtant, nous doutons, moi le premier. Faut-il que nous ayons perdu toute confiance en nos dirigeants et en notre démocratie, en nos valeurs, pour ne pas savoir à qui accorder du crédit, entre un président élu et un dictateur ex(?)-terroriste ? Ça me rend malade au moins autant que la plus ou moins promesse de vente de réacteur nucléaire et des Rafale. *Soupir*