Le déjeuner est l'occasion d'échanger des points de vue, parfois concordants comme sur l'étalement urbain et la perte de terres agricoles. L'entente est plus difficile sur l'utilisation des intrants chimiques (engrais, pesticides, etc.). Nous sommes tous conscients que la profession a une très mauvaise image dans l'opinion publique. Justifiée ou non, une cassure existe entre l'immense majorité de la population et les personnes qui produisent la nourriture, ce n'est pas sain. D'autant plus que même la campagne, peuplée de "néo-ruraux", cherche à marginaliser les agriculteurs.

Comme je suis un gros flemmard, je copie-colle un courriel envoyé par Frédéric sur la liste de discussion des Jeunes Verts :

Il est vrai aussi que nous avons une certaine vision de l'agriculture, des zones rurales et de leurs animateurs, et cela n'est plus si courant.

Justement, j'ai constaté une grande inquiétude sur l'étalement urbain, les expropriations qu'il engendre, les conséquences pour les cultures, etc. Le Schéma directeur de la Région, piloté ici par une Verte, Mireille Ferri, a généré une grande satisfaction, pour ne pas dire une convergence de vues. Je sais que, sans avoir la même portée dans toute la France, ce problème de gestion des sols et de l'espace se pose aussi ailleurs face aux projets d'aménagement petits ou grands. C'est le cas en Alsace par exemple avec le projet de grand contournement autoroutier de Strasbourg.

L'inquiétude ne s'arrête pas là. J'ai trouvé que nos interlocuteurs avaient une attitude qu'on pourrait presque qualifier d'assiégée. L'évolution rapide de la PAC, les promesses manquées de la droite (Sarkozy/Barnier se sont pris pas mal d'attaques...) qui avait recueilli pas mal de soutiens chez les agriculteurs disons...conventionnels..., la transformation de la société de plus en plus citadine, et ses manifestations sub- ou péri-urbaines provoquent un sentiment de malaise qu'il est important de relever et de faire connaître. Dans une région métropolitaine comme celle-ci, c'est d'autant plus marquant.

Plusieurs personnes ont engagé avec nous une discussion plus poussée. Je déduis de tout cela qu'il faut intensifier ce travail de dialogue, même avec ceux qui ne sont pas des alliés spontanés, à travers la société.

Sans être spécialiste, et sans me faire d'illusions non plus sur l' "agriculture productiviste", je voulais vous faire part d'une journée qui a été pour moi fort instructive. Sur le terrain de la ruralité et de l'agriculture,je pense que de nouveaux horizons s'ouvrent à nous à condition d'être ouverts à la discussion. Le tout sans renoncer à avoir une colonne vertébrale ! Ca vaut pour d'autres sujets aussi d'ailleurs.