Pour le retour de la vignette automobile
Par Adrien le mercredi, juillet 2 2008, 14:55 - écologie - Lien permanent
Certes, ce ne serait pas une mesure populaire. Mais à l'image des MCED (Messages à Caractère Ecologique Décoiffant) chers à mon ami (et néanmoins camarade) Antoine, il y a des choses qu'il va falloir changer. Même Le Parisien en a parlé dans son édition d'hier, avec un titre en une : "Il va falloir changer". Même Capital s'y met : Tout ce que le pétrole cher va changer.
Denis Delbecq, que je proclame meilleur journaliste-blogueur écolo de la Toile, milite activement pour le retour de cette vignette au pare-brise. Et il a raison (c'est moi qui met en gras) :
Si on veut changer les comportements, il ne faut pas faire de cadeau. Chacun doit prendre conscience qu’en achetant une voiture, il va contribuer au réchauffement. Et si on veut éviter d’en passer par l’impopularité de la vignette, remplaçons-là par une taxe carbone sur le prix des carburants. Non pour financer les cadeaux fiscaux de Sarkozy à ses riches amis. Plutôt pour développer les transports collectifs ou l’isolation thermique de l’habitat ancien. Après tout, les français ont vécu avec une essence à 80% de taxes alors qu’elles ne représentent plus aujourd’hui que 60% pour le super et 52% pour le gazole. Sans compter que les carburants restent, en France, moins chers qu’aux Pays-bas, en Belgique, Allemagne ou Italie. Au passage, cela mettrait aussi à contribution les propriétaires de deux-roues.
D’après un calcul de coin de table, une hausse de dix centimes au litre valoriserait le gaz carbonique émis autour de quarante euros la tonne, ce qui n’est pas absurde (Merci de me corriger si je me suis mis le compas dans l’œil). Après tout, l’essence reste peu chère en France, comparée à nos voisins européens. Ceux qui peuvent éviter de démarrer leur voiture y réfléchiraient à deux fois. Quant à ceux qui morflent de la hausse de l’essence parce qu’aucune infrastructure de transport collectif ne leur permet d’aller bosser, on trouvera bien le moyen de les soulager.
C'est à peu de chose près le discours tenu par Dominique Voynet pendant le dernière campagne présidentielle : préparons dès maintenant le changement, facilitons-le au lieu de subir de plein fouet les conséquences du pétrole rare et cher, conséquences qui toucheront évidemment les populations déjà les plus fragiles.
Il reste à trouver "le moyen" de soulager "ceux qui morflent". Ce n'est certes pas le plus simple, mais dans ce monde en mutation les solutions existent déjà sans doute quelque part, aux politiques de les trouver et de les développer.

Commentaires
Bonjour Adrien,
Effectivement pourquoi pas une taxe supplémentaire on est plus à une taxe près!
Votre remarque sur le prix de l'essence dans les autres pays de l'union n'est pas fausse. Il serait pourtant utile et judicieux de rappeler que dans ces mêmes pays la population n'est pas spoliée et paupérisé par l'Etat. La France est déjà la championne d'Europe (pour une fois ça change!) des prélèvements obligatoires et la moins économe en budget de fonctionnement.
Alors oui au respect de l'environnement non au racket.