Politique et LL, le blog de Bix

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dimanche 29 février 2004

Boîtage

On va encore m'accuser de polluer les vies de nos braves concitoyens, car après le collage illégal sur des colonnes d'affichage libre/public, après l'agression du quidam venu tranquillement faire son marché ou prendre le RER, voici le... boîtage ! Autrement dit, la distribution dans les boîtes aux lettres d'un tract, du spam papier pour ceux qui n'auraient toujours pas compris.

Normalement, on boîte des quatre pages pliés en deux, qui se tordent, qui sont impossibles à saisir et à glisser dans les fentes des boites... Mais là, on avait une carte cartonnée super pratique. Ce fut un boitage facile et rapide, même si c'étaient des pavillons, avec des boîtes individuelles. Il faut bien avouer qu'une cage d'escalier est bien plus pratique et efficace : on touche plus de gens en moins de temps.

Après, est-ce utile ? Sont-ils lus ? J'ose espérer que oui, mais j'ai bien peur que bien souvent ils sont noyés dans le flot de publicités Carrefour et Cofidis. Alors ? Comme d'hab', on assure une présence, on convainc ceux qui peuvent se laisser convaincre, on rappelle à ceux qui liront le papier qu'il y a des élections prochainement.

Par contre, je refuse d'être considéré comme un publicitaire qui envoie des milliers de pubs via la Poste, ça n'a rien à voir. Je rêve de recevoir plus de tracts politiques, qui sont censés faire appel à ma réflexion, là où une pub pour des promos sur les cahiers de classe ou les steaks premier choix ne font appel à rien, si ce n'est mon portefeuille.

samedi 28 février 2004

Beaume au cœur

Lever trop tôt, pour un collage rapide.
Nous commençons tranquille, une colonne, une deuxième... On en fait une nickel chrome, comlètement tapissée de Huchon, de tournesols et de poings à la rose. Bizarre, une sensation de travail bien fait m'étreint. Mais quel travail ? Des passants nous regardent d'un œil vide, n'osant pas répondre à nos saluts francs et souriants, le balai plein de colle dans la main.
Pour la dernière colonne, nous sommes pressés, mon binôme a un rendez-vous important en mairie. On finit donc un peu à l'arrache, on ne met que quelques Huchon et quelques Gérard Eude. Alors que nous mettons la touche finale (C'est la touche-euh finale-euh ! hum, pardon...), un homme passe et nous dit : Il faut gagner hein, Gérard il est bien. Ça fait toujours plaisir.
Près du marché, les sucettes Decaux avec le plan de la ville. Je tente de décolle un autocollant du FN, une voiture s'arrête, c'est Gérard Eude qui me lance : Ouais, c'est dégueulasse leurs trucs hein ? Ce à quoi je réponds que sur le verre ça colle vraiment bien ces saloperies. Un homme que je ne connais pas arrive et me parle : J'espère qu'on va balayer la droite. Ils font le programme du Front national. J'aime serrer la main de ce genre de personne.

Cet homme a raison, on va les balayer. Oui, on va les niquer, on va gagner, et prendre rendez-vous pour 2007.

vendredi 27 février 2004

Des adresses, encore des adresses...

Acte militant bien rasoir hier soir : écrire des adresses à la chaine pour un boitage ciblé, c'est-à-dire réservé aux jeunes qui votent pour la première fois et aux vieux (ceux qui mourront l'été prochain -- blague je précise). Vous me direz, pourquoi ne pas le faire à la machine ? Mais la machine, il faut l'acheter.
Je me suis donc tapé une bonne partie de la liste électorale de Bussy-Saint-Georges, les jeunes surlignés de vert, les vieux de jaune. Qu'est-ce que c'était chiant, et ça fait mal à la main.
Évidemment, une lettre ciblée, c'est vachement plus efficace qu'un tract généraliste, aussi bien fait soit-il. Donc on peut dire que je ne me suis pas fait suer pour rien.

Demain : collage.
Et je vais vous avouer une chose : ces putains de 21 et 28 mars commencent à me faire stresser de plus en plus, journée que je passerai à tenir le bureau de vote, reulou, je pourrais pas regarder les soirées électorales télévisées dès 18 heures. Je peux vous assurer que mon portable sera scotché à mon oreille pour être à l'écoute de toutes les nouvelles. Encore 22 jours... Pffff.

samedi 21 février 2004

Diffusion de tracts

Ce matin il faisait froid, et il est même tombé des gouttes gelées, le genre de truc qui donne envie de vite rentrer chez soi pour prendre un grog/chocolat chaud/vin chaud/café. Sauf que je ne pouvais pas, je suis allé distribuer sur le marché des tracts pour Gérard Eude (ce tract) et Huchon (sur la solidarité et plus particulièrement les femmes).
On ne peut pas mettre de gant, car sinon on ne peut pas saisir les papiers, et c'est plutôt ennuyeux... Donc les doigts s'engourdissent, et au bout d'un moment, on ne peut plus saisir les papiers. Il nous manquait un brasero, franchement.
Qu'on se figure le marché de Torcy, avec un groupe PS/Verts, un groupe UDF, un groupe UMP arrivé quand j'ai décidé de rentrer chez moi, un groupe PC (mais chut, il ne faut pas dire que c'est le PC, ils ne l'ont même pas écrit sur leur tract)... Entre la multitude des partis et les deux élections qui se chevauchent, imaginons un instant le ras-le-bol des gens. Il va sans dire qu'on essuie nombre de refus plus ou moins polis, mais un refus net et poli est préférable à une excuse bidon ou un regard fuyant. Notons tout de même qu'une femme nous a demandé s'il était possible de voter à sa place, avec une procuration, car elle était en vacances le 21 mars. Ça fait toujours plaisir.
Ceci dit, le marché, c'est plus sympa que le RER le matin, où c'est cauchemardesque. Déjà c'est plus tôt, et personne n'est vraiment enclin à s'arrêter pour discuter. Normal. :) Par contre les tracts sont plus lus le matin quand les gens ont le temps une fois assis dans le wagon, qu'au marché où nombre de tracts finissent dans le cabas, la poussette, le panier...

Bon, j'en reviens toujours au même problème : comment peut-on refuser un tract politique de la même manière qu'on refuse un échantillon de shampooing ? Je sais bien que le vote n'est pas la panacée, mais c'est un tout petit moyen d'avoir une prise sur le déroulement des choses, de ne pas glisser dans la vie sans rien faire, sans au moins croire qu'on peut faire quelque chose. Ça doit être terrible.
Ou au contraire, ça rend le vie plus simple, c'est la fatalité, on n'y peut rien et on fait avec. J'y penserai plus tard, après le 13 juin. Ceci dit, comprenant la démotivation et les raisons des abstentionnistes, je ne sais que dire pour les convaincre d'aller voter. :-/

Candidats 77 pour les régionales

Ah ben zut, y a même pas de photos. Désolé, vous ne saurez pas à quoi ressemble Mlle Portier, la copine que j'avais accompagnée lors d'une séance photo. :-P

mercredi 18 février 2004

Collage électoral

Le matin, dans la brume qui se lève à peine, des hommes sortent d'une voiture. Dans leurs mains, un seau rempli d'un presque-liquide, des balais à manche court. Ils s'approchent d'un panneau d'affichage libre, se saisissent d'affiches avec une photo couleur d'un visage en gros plan. Le geste est précis, sûr : d'abord de la colle sur la surface, puis de la colle sur l'affiche, pour qu'elle boive la colle.
Ces hommes, habillés en fringue plutôt vieilles, pour pouvoir se salir sans problème, collent. Ils collent des affiches pour leur(s) candidats, pour leur(s) parti(s). En général, ils tournent à deux.
Ces hommes, j'en fais partie...

Abandonnons ce style pompeux et ampoulé pour raconter un peu en quoi consiste un collage électoral. Il faut tout d'abord savoir que selon le code électoral, le collage n'est autorisé que sur les panneaux officiels, à savoir les machins gris devant les bureaux de vote (mairie, écoles...). Tout le reste est illégal. Le jeu consiste alors à laisser l'autre le faire en premier. À partir de là, deux solutions : soit on dénonce le contrevenant à la préfecture, ce qui manque évidemment de panache et surtout de visibilité, soit on relève le défi de tenir l'affichage public. Donc il faut des bras, et des affiches. Le militant est gratuit, pas l'affiche, il faut donc veiller à ne pas dépasser le plafond, à ne pas brûler tous les fonds de campagne en affiches quadrichromie.
Le collage, c'est pour moi le samedi matin, sur des colonnes libres, pour recouvrir la droite qui colle en semaine. Sur le coin, nous soupçonnons l'UMP comme l'UDF de payer des gens pour le faire, ou de l'avoir fait, puisque pendant deux semaines des affiches étaient tout le temps collées, recouvertes instantannément par d'autres, etc. Je parle au niveau cantonale hein... bien que nous en profitions pour mettre du Huchon en même temps que du Gérard Eude, et eux du Copé ou du Santini.
Coller en plein jour permet de rencontrer des gens, éventuellement d'échanger deux trois mots, de se montrer, d'être présent. Avouons-le, c'est aussi plutôt sympa de coller des affiches sur des colonnes, un mur aveugle déjà recouvert d'affiches pour le cirque et LO-LCR. Un tout petit goût d'interdit... tout petit. Avouons aussi que ça met pas les foules en délire, et que l'indifférence polie est le sentiment le plus souvent rencontré.

Honnêtement, je n'ai aucune idée de l'influence des affiches sauvages pour les élections. Cela a-t-il une incidence ? Positive ou négative ? Je sais juste que ça permet deux choses : ça permet d'être présent visuellement, et le mieux est aussi de l'être en dehors des périodes électorales ; ça motive les troupes. Les deux sont capitales, ou au moins très importantes.
Ceci dit je pense qu'un bon tract bien distribué a plus d'impact, plus d'influence. Il ne faut pas négliger l'effet provoqué par un groupe de militants qui distribuent un tract, l'effet de masse impressionne. Quant au tract lui-même, s'il est bien fait il a le mérite de s'adresser à l'intelligence de la personne, pas uniquement à son œil.

Je vais clore ici ce billet sans queue ni tête...