Politique et LL, le blog de Bix

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jeudi 31 mai 2007

Jean Calvet et les transfuges

C'est quand même incroyable ce besoin irascible d'être candidat, envers et contre tout.

Prenons un exemple local, Jean Calvet. Élu conseiller général en 2004, sous l'étiquette Verts-PS, il est réélu avec la même étiquette un an et demi plus tard en raison du recours fallacieux de la droite. Verts et socialistes, même des militants de la LCR, se sont mobilisés pour sa réélection, garante de la majorité de gauche au Conseil général de Seine-et-Marne. Les gens qui ont voté et milité pour lui l'ont donc fait dans le soucis de permettre à la gauche de conserver la majorité dans le département.

Il y a quelques mois, les Verts sont entrés dans le processus de désignation de leurs candidats aux législatives. Nous nous sommes réunis, militants de la 8e circonscription de Seine-et-Marne, et nous avons voté. Antoine a gagné aux deux tiers des voix contre Jean Calvet. Sans appel.

Or, aujourd'hui, Jean Calvet est candidat pour le Mouvement démocrte de François Bayrou. Oh, bien sûr, son passage des Verts au MD n'est pas trop différent des passages du PS à Génération écologie puis aux Verts. Comme pour les autres transfuges, quels que soient les partis de départ et d'arrivée, les arguments avancés sont d'ordre idéologique et politique. Hélas, c'est bien souvent bassement plus politicien. La plupart des Verts qui partent au MoDem sont des personnes qui n'ont pas été désignées candidates aux prochaines législatives ou municipales. Tout comme Jean Calvet, ces personnes sont souvent déjà élues, sur un programme Vert ; ça ne les empêche de rejoindre en cours de route un autre parti aux objectifs rarement similaires, sinon dans les grandes lignes.

On est donc bien loin de la "saignée" évoquée par Sylvia Zappi, journaliste qui fait d'ailleurs toujours preuve d'un étonnant sens de la mesure lorsque il s'agit de parler des Verts. Surtout que ce sont rarement, pour l'instant, des militants qui partent, mais des personnes chez qui la posture remplaçait parfois l'action. On voit d'ailleurs que beaucoup de transfuges sont candidats d'office, parfois au détriment d'une militante sincère.

Je trouve que ces personnes qui quittent le parti écolo dans ces conditions ne se grandissent pas, pas plus que le parti de Bayrou ne sort grandi de ce débauchage à grande échelle et de coups de fil demandant un ralliement fracassant, y compris à des salariés du siège ! C'est vrai, nous sommes, les Verts, responsables de notre propre faiblesse politique et structurelle, mais nous ne sommes pas responsables de la faiblesse des convictions des personnes qui nous quittent. Ces personnes critiquent l'absence de réforme interne chez les Verts, que n'ont-elles vraiment lutté pour au lieu de se contenter des petits jeux de courants pendant ces nombreuses années !

Allez, je suis écœuré. Quand les egos et les petits ambitions prennent à ce point le pas sur les logiques collectives, je suis sonné et les mots me manquent. Quand on poignarde à ce point le parti grâce auquel on est élu, comme Calvet, Bennahmias ou Auffray, je reste sans voix.

jeudi 24 mai 2007

Candidats potes

Les Verts sont un petit parti, vous le savez déjà. Dans la liste des candidats aux législatives, j'en connais évidemment quelques un-e-s. Je cafte.

Il va de soit que je leur souhaite à toutes et tous bonne chance et un score le meilleur possible !

lundi 14 mai 2007

Pas d'accord

Et voilà, les Verts ont refusé hier l'accord législatif avec le Parti socialiste. Les 14 circonscriptions réservées ne suffisaient pas, nous en demandions 20 ce qui, avouons-le, n'était pas insurmontable pour le PS. Il faut croire que si. Au cours des négociations pour cet accord, chaque parti partage des torts : les Verts pour avoir rompu les négos, le PS pour avoir tergiversé et joué constamment la montre.

De toute façon, entre 3 députés ou pas de député du tout[1], la différence est mince à part en terme de financement public. Rejeter l'accord est une façon de montrer que nous sommes un parti indépendant qui peut dire non à son partenaire principal. Le mode de scrutin nous oblige à passer des accords pour avoir des députés, ce n'est que partie remise pour 2007. Nous espérons d'ailleurs améliorer sensiblement le score de Dominique Voynet, ce qui ne devrait pas être dur vu le nombre incroyable de personnes qui nous ont dit vouloir voter Vert, mais le "vote utile, vous comprenez..."

Ce qui m'énerve le plus en fait, ce sont les propos de comptoir des journaux en ligne. C'est incroyable comme les mêmes qui nous reprochent d'être affiliés tout le temps au PS critiquent le fait qu'on ait pu faire la fine bouche. Oh, quoi ! vous voulez un parti écolo indépendant ou un supplétif aux socialistes ? Préférez-vous un parti qui sait dire non et aller au casse-pipe électoral pour défendre ses idées ou un parti qui se couche pour les postes ?

Notes

[1] Trois députés qu'on entend bien conserver, puisque le PS a promis de les laisser seuls dans leurs circonscriptions.

vendredi 11 mai 2007

En avant pour les législatives !

Sitôt la présidentielle terminée, il faut s'atteler à l'élection suivante : les législatives. Laissant mon parti à la négociation avec le PS pour quelques circonscriptions réservées, j'ai, nous avons, commencé la campagne pour Antoine Parodi, candidat Vert pour la 8e circonscription de Seine-et-Marne.

En plus des traditionnelles diffusions de tracts et boîtages, nous prévoyons quelques actions. La campagne est également rythmée par une série de conférences sur le réchauffement climatique menées par Antoine. Deux ont déjà eu lieu, à Montévrain et à Roissy-en-Brie. Il en reste quatre dont voici le calendrier (susceptible de modifications) :

  • Bussy-St-Georges, lundi 14 mai, 20h00, en mairie
  • Champs-sur-Marne, jeudi 24 mai, 20h00, lieu à confirmer
  • Torcy, mercredi 30 juin, 20h00, au LCR Jules Raimu
  • Noisiel, jeudi 7 juin, 20h00, LCR Buisson Saint-Antoine

Vous y êtes évidemment les bienvenus.

lundi 7 mai 2007

Recyclage post-électoral

Aux chiottes Sarkozy !

Je sais, c'est petit, c'est vil, mais ça fait du bien.

dimanche 6 mai 2007

Gueule de bois carabinée

53 %, le score est énorme. J'en ai la nausée. Je ne comprends pas qu'autant de Français puissent voter ainsi contre eux-mêmes... Bien sûr je peux me réjouir que la participation soit aussi forte, je peux me réjouir que les Français se soient emparé de cette élection, mais là, la boule dans la gorge est trop grosse. Ne me traitez pas d'anti-démocrate, je pense vraiment que des Français ont fait le mauvais choix. Mais c'est à nous d'expliquer les valeurs qui nous animent, à nous de démontrer que la solidarité, la générosité, le partage sont le plus important.

Sarkozy, c'est Berlusconi, c'est Aznar. L'Italie et l'Espagne ont fini par s'en débarasser, nous ferons de même, j'ai confiance. Mais il va falloir travailler, militer dur et réfléchir à ce cuisant échec. Les législatives et les municipales en ligne de mire, nous devons relever la gauche, l'écologie, le camp progressiste.

Et pourtant, j'ai fait tout ce que j'ai pu !

mardi 1 mai 2007

Justes comparaisons

Non, Sarkozy n'est pas Le Pen. Non, Sarkozy n'est pas Hitler. Sarkozy n'a pas d'idéologie d'élimination définitive et massive d'une partie de la population humaine, il n'est pas raciste mais veut frapper les pauvres, ce qui est tout à fait différent. Bien sûr, on peut s'amuser à se faire peur et comparer la France de 2007 à l'Allemagne de 1933, en disant qu'Hitler a bien été élu démocratiquement[1] et qu'on s'apprête à faire de même avec Sarkozy. Mais ce serait se tromper de combat, de cible.

Une comparaison plus juste est celle qui est faite avec Berlusconi. On y voit des points communs dans le verrouillage des médias, le copinage permanent avec eux et le mépris des règles de la justice au profit de la police, quand ça arrange bien, ainsi qu'une haine vicérale des intellectuels.

Cela dit, les récents propos du candidat de l'UMP sur Mai 68 montre qu'on peut le comparer à un autre personnage politique. Je veux parler de Richard Nixon Ronald Reagan. Car oui, Sarkozy veut faire en France la révolution conservatrice des États-Unis, avec 25 ans de retard. Je ne suis pas particulièrement fan de la période soixante-huitarde, surtout quand on voit ce que certains meneurs sont devenus, ex maos ou ex stals passés au grand capital tant haï 15 auparavant. Pourtant, on ne peut nier la somme de libertés individuelles apportées par cette période.

Liberté sexuelle, droit à disposer de son corps pour les femmes (contraception et IVG) plus les nouveaux droits sociaux acquis après les accords de Grenelle. Sans parler du vent de liberté qui a suivi, cette fameuse parenthèse enchantée avant l'arrivée du sida et la fin (définitive ?) de l'insouciance... Revenir là-dessus ? Ronald Reagan est le président qui a licencié les aiguilleurs du ciel après une grève. On veut pareil en France ?

Allez, je file au concert de la scène française dynamique, à Charlety. Oui, pour moi aussi c'est elle.

Notes

[1] Ce qui est absolument faux, le NSDAP a recueilli 31 % des voix en 1933, Hitler est ensuite nommé Chancellier avec le soutien de la droite, en face les communistes et les socio-démocrates sont déchirés. Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement mais n'a jamais été élu.