Plus prosaïquement, certaines personnes (dont moi) arguaient du fait que cette candidature était strictement impossible, non pas parce qu'elle était mauvaise, mais parce que Royal ne bénéficiait du soutien d'aucun courant, d'aucun réseau, contrairement aux deux gros cités plus haut. C'était vrai, à l'époque... et cela constituait une sacrée faiblesse.

Pour avoir le poids nécessaire à une telle candidature, il fallait donc contourner la machine socialiste, figée dans ses équilibres de chapelles, où chaque section savait au nombre de voix près le résultat des votes. C'est pour cela qu'elle a lancé désirs d'avenir, pour avoir du soutien à l'extérieur et commencer à ramasser des soutiens à l'interne, en dépassant les courants par leurs bases. On ne peut que constater qu'elle a réussi, et bien, dépassant ainsi de loin le seul stade de chouchou des médias ou de phénomène politique passager. Sa faiblesse, elle en a fait une force.

Elle s'est donc installée durablement dans le paysage politique, menant même depuis une semaine le bal des polémiques : un coup l'insécurité, un autre les 35 heures, ça n'arrête pas entre les discours, les réactions, les explications, les précisions, les piques, les communiqués rageurs... Le plus drôle a été sur l'insécurité, quand on a vu toute la gauche française réagir à grands coups de réflexes pavloviens, sans chercher, et c'est bien dommage, à aller un peu plus loin que les 4 mots diffusés en boucle dans les médias.

Le réflexe pavlovien ? Sans chercher à comprendre, sans essayer de contredire les propos en question, sans proposer quoi que ce soit pour régler le problème dont il est question, on marque Ségolène du sceau infâme de l'extrême droite, comme ça on ne répond pas sur le fond. Non, surtout pas, c'est un sujet d'extrême droite, c'est caca. À croire que les leçons du 21 avril 2002 n'ont pas été tirée : car c'est bien de l'incapacité d'une certaine gauche à s'emparer des sujets tels que la délinquance dont il est question. Le communiqué des Verts à ce sujet (Ségo = Sarko = Le Pen) est d'ailleurs profondément affligeant ; et je pèse mes mots.

Quant à sa deuxième "bourde" sur les 35 heures, je suis hélas en parfait accord avec elle : oser parler des cadences de travail qui ont augmenté, du nombre d'accidents du travail qui stagne, etc. Si ce n'est pas de gauche, je suis nucléocrate !

Quelques blogoliens pour aller plus loin :

Précision : ce n'est en aucun cas une marque de soutien inconditionnel et immédiat à la possible future candidate du parti socialiste, juste une façon de lutter contre le simplisme en politique. Merci, donc, de ne pas pousser des cris d'orfraie. C'est aussi que j'ai moyennement envie de parler des Verts, là, tout de suite.

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