Ça se joue à Lille
Par Adrien le jeudi, décembre 4 2008, 11:00 - politique - Lien permanent
J'ai été assez peu présent récemment sur ce blog. Du boulot et un déferlement de nouvelles, bonnes et mauvaises, qui empêchent toute prise de recul : crise économique, aide indue à l'industrie automobile qui n'en rame pas une pour changer son modèle (tiens, ça me rappelle l'industrie du disque), l'EPR plus cher que prévu (ça alors !), la manif à la mairie de Torcy par des fidèles de l'association qui gère la mosquée semi-clandestine, les morts du bois de Vincennes, le DAL accusé d'encombrer la voie publique, les mineurs incarcérés dès 12 ans, la volubilité de Frédéric Lefebvre, les négos à Poznan sur le climat, la remise en cause du dimanche, etc. Dans ces moment-là, le pauvre blogueur politique se sent seul et impuissant, il lit un peu la presse et d'autres blogs et s'emporte sur Twitter.
Ce week-end, c'est la phase finale du congrès des Verts (en fait, on dit "AG fédérale"). 528 délégués représentant les courants ont rendez-vous au Palais des congrès pour décider du futur du parti. C'est la première fois, non pas que je signe un texte d'orientation, mais que je suis délégué (pour la motion Urgence écolo, urgence sociale).
J'ai donc suivi, par compte-rendus interposés, les négociations qui ont suivi les résultats de la consultation des militants. Je me suis alors rendu compte que les négociations se poursuivent jusqu'à l'heure fatidique, dans la journée de samedi. Naïvement, je pensais que les deals étaient scellés même avant les résultats et qu'on aménagerait en fonction. Hé bien non, sauf à la jouer théâtral, il semblerait que ce qui semblait impossible il y a 15 jours le soit samedi, au moment du vote solennel des délégués pour l'orientation majoritaire. On parle même, comme à chaque congrès cela dit, de courants qui pourraient exploser à Lille, les délégués se désolidarisant des porteurs de motion. Les causes ? Mélenchon et la dissolution des Verts, je vous laisse ces indices pour trouver les courants en question.
Personnellement, 2 choses :
- le terme "décroissance" est très présent dans les motions cette année. J'ai toujours un problème avec le mot en lui-même car je doute de son utilité en communication externe. Il reste connoté négativement et j'estime qu'on n'a pas de temps à perdre à le rendre positif. Je sais bien que la décroissance est justement l'éloge de la lenteur mais il y a quand même urgence à rendre populaire les idées qui sont derrière ce mot. Je n'ai par contre justement aucun problème avec ce qu'on met, chez les Verts, derrière le mot "décroissance" : conversion de l'économie à l'écologie, diminution de la consommation des matières premières, valorisation du durable (matériaux, biens de consommation manufacturés), relocalisation des emplois et des industries, etc.
- l'autre mot clef est "rassemblement", celui des écologistes pour les européennes, celui des Verts pour ce week-end. Je suis partisan d'un rassemblement interne cohérent et large. À condition évidemment que ça ne se fasse pas avec "le plus petit dénominateur commun", porté par un texte passe partout qui se contenterait d'ânonner les sujets fétiches des Verts et de dénoncer la politique actuelle, sans contenu véritable.
Bien sûr, tout ça n'est que mon opinion personnelle et ne reflète pas forcément ce que nous déciderons, collectivement, entre délégués de la motion, en fonction des négociations qui ont encore lieu et qui auront lieu à Lille, de vendredi 18h à samedi 13h (ou quelque chose comme ça). La nuit va être courte.
Pour suivre ce congrès, mon Twitter bien sûr et un mystérieux agfedlesverts, dont je vous jure que je ne suis pas le créateur.


Commentaires
"J'ai toujours un problème avec le mot en lui-même car je doute de son utilité en communication externe"
bah il fallait signer RECV alors! ^^
C'est du sérieux cette histoire de Mélenchon? ...