Croire ou ne pas croire aux sondages
Par Adrien le vendredi, mars 5 2010, 10:38 - politique - Lien permanent
Via le très amusant Twitter d'Alain Dolium, je tombe sur cet article du Parisien titré Bayrou: « Je ne crois pas aux sondages ».
Je vais vous faire une confidence.
La confidence, c'est qu'en 2007, au sein de l'équipe de campagne, on ne "croyait" pas nous non plus aux sondages. Sinon on ne se levait pas le matin pour aller bosser. La phrase de Bayrou est typique du futur gros perdant qui se rassure avec la méthode Coué.
Mais d'autres phrases dans l'article me font beaucoup rire tant ça frôle l'auto-persuasion à un niveau olympique.
«C'est très étrange. Depuis quelques jours dans la rue, des gens me disent tous la même chose: Ne lâchez rien.»
C'est drôle, quelques jours avant le premier de l'élection présidentielle de 2007, dans la rue ou le train avec Dominique Voynet, des gens lui disaient aussi "continuez", "ne lâchez rien", "merci". On se disait : "ça vaut tous les sondages, ah ! ces salauds d'instituts qui nous rabaissent à 1 %, en fait on est sûrement à 3, voire 4 !" Le vendredi soir précédant le scrutin, je me rappelle avoir "éteint la lumière". Un collègue repartait dans son Languedoc et m'a dit : "tu sais, quand les sondages te placent à 1,5 % depuis 6 mois, y a peu de chance qu'ils se plantent." Il avait 100 fois raison.
Le Parisien relève encore 2 autres phrases désespérantes :
«Je ne crois pas aux sondages et je crois que beaucoup de Français ont envie d'indiquer autre chose que ce que l'on prédit»
«Les électeurs sont là pour remettre les sondages à leur place.»
N'importe quoi. Déjà, les sondages ne sont pas une prédiction mais un état des opinions à un moment donné. Le président du Modem continue dans son délire anti-sondagier malgré ses pitoyables preuves de bidonnage qu'il était censé fournir après le 7 juin 2009, on attend toujours.
De plus en plus, l'ex-futur 3e homme providentiel adopte une rhétorique de perdant, un vocabulaire d'assiégé seul contre tous. J'en parle en connaissance de cause. De là à prétendre qu'il se rassure pour trouver la force de se lever le matin, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir.
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Commentaires
Tout à fait d'accord avec toi sur la question des sondages. Ce sont des indicateurs d'opinion statiques. Mais les tendances sur plusieurs enquêtes d'opinion d'affilées mentent rarement. Cf. Chirac 95, Le Pen 2002, Sarkozy 2007...
Une bonne nouvelle en tous cas, avec un MoDem à 4%, ca va régler la question des alliances à Gauche.
Les sondages sont une photographie très floues des intentions de votes (pour 1000 sondés, l'incertitude et de +/- 3%)
On peut donc les faire mentir en créant une dynamique sur la fin de la campagne.
Ce là dit, même en tenant compte de leur imprécision, vu le retard du MoDem et la pagaille en son sein, je doute que celà soit possible en une semaine ...
Quand on nous présente déjà des sondages sur la présidentielle de 2012, ça me fait bien rire : S'il y a bien une campagne qui est dynamique, c'est celle des présidentielles, faire des "photos" (par sondage) n'est donc pas du tout prédictif