L'électorat d'Europe Écologie : volatilité, stratégie et ni-ni
Par Adrien le mercredi, mars 17 2010, 18:51 - politique - Lien permanent
Petit tour des études récentes qui tentent de cerner l'électorat écolo de ces 2 dernières années.
- Quid de l'avenir d'Europe Écologie dans les urnes ?
- Les électeurs d'Europe Écologie en 2010, sondage OpinionWay.
- Europe Écologie est encore une organisation fragile, interview d'un chercheur au Cevipof (un peu léger à mon goût).
Le score d'Europe Écologie a baissé de 4 points entre les 2 élections et a perdu 500 000 électeurs. L'étude d'OpinionWay sur notre électorat a révélé qu'un énorme chassé-croisé avait eu lieu entre les régionales et les européennes. Mais on a également mobilisé des abstentionnistes de 2009 et récupéré encore des électeurs d'autres partis.
Ce qui ressort de ces études, c'est que malgré notre nouveau "socle", soi-disant "consolidé" en 2010, ne vaut pas grand chose. Ceux-là mêmes qui parlaient d'un coup électoral en 2009 nous encensent et nous voient au sommet. Méfiance. Alors que dans le même temps on ne cesse de parler de la volatilité de l'électorat, et pas seulement de l'électorat écologiste.
L'étude publiée par Rue89 parle d'électorat stratège. C'est bien sympa mais ce qui serait encore mieux, ce serait de pouvoir comparer avec l'électorat d'autres partis. Qui nous dit que les électeurs du PS ou de l'UMP n'ont pas eux aussi des stratégies en tête quand ils votent ? J'imagine que ce sont ces chiffres que Daniel Cohn-Bendit avait en tête quand il a lancé le coup du bulletin de vote à double effet.
Plus intéressant, le nouveau "ni-ni". Une bonne partie de notre électorat, apparemment la partie la plus populaire, donc elle dont on serait enclin à penser qu'elle est "dégoutée" de la politique, ne veut plus entendre parler ni du PS ni de l'UMP. Il est probable également que c'est avec ce genre de chiffres que Duflot a durci le ton avec le PS en parlant de maintien partout où c'était possible en cas de désaccord électoral. Je ne crois pas avoir vu une étude pour savoir si cela avait joué ou non en notre faveur. Le jusqu'au-boutisme de ce ni-ni serait pondéré par la compréhension de la stratégie, la nécessité d'entrer dans les exécutifs en s'alliant au PS, mais en toute lucidité.
Il serait intéressant de savoir dans quelle mesure l'un pèse plus que l'autre, et pour quelle partie de l'électorat. Le gain de 5 points en Bretagne n'étant pas exceptionnel en raison de la hausse de toutes les listes en 3e position dans les triangulaires (EE, FN, Modem...).
3 cartes pour comprendre un peu
Le score d'Europe Écologie en pourcentage des inscrits pour les élections européennes

Le score d'Europe Écologie en pourcentage des inscrits pour les élections régionales

La perte d'électeurs entre les régionales et les européennes

Au niveau national, nous avons perdu 500 000 électeurs (on s'aperçoit dans une étude plus haut qu'il y a eu un chassé-croisé dans notre électorat : une partie est "retournée" au PS, des abstentionnistes de 2009 sont venus...
Merci à Franck pour les cartes, réalisées grâce à DrawMeAGraph.
Bonus
- Les Français et les propositions de l'écologie politique, sondage Ifop commandé par Europe Écologie.
- Petite analyse de Nicolas Vanbremeersch, qui compare les nombres de voix gagnées ou perdues entre les élections de 2004 et 2010.
- Compilation de sondages des élections régionales (nationaux et régionaux).
- Rapport entre score électoral et proportion d'élus
Je commenterai plus tard, mais amusez-vous déjà avec ces liens.

