En Haïti, le logiciel libre peut sauver des vies
Par Adrien le lundi, janvier 18 2010, 10:40 - logiciel libre - Lien permanent
Si vous pensez que le logiciel libre est un moyen pour des informaticiens en mal de reconnaissance de se la jouer rebelle et à des ados de se la péter avec un Linux que personne ne comprend, voici deux éléments qui vont vous faire changer d'avis. Sur le libre et sur le fonctionnement d'Internet en général.
Tout le monde connait Google Maps, petit bijoux cartographique de Google avec surtout StreetView. Moins de monde connait OpenStreetMap, un projet de cartographie mondiale sous licence libre, aussi bien au niveau logiciel que pour les cartes elles-mêmes.
Hé bien, sitôt après le tremblement de terre, un appel à contribution a été lancé et en quelques heures, la précision de la carte libre, réalisée bénévolement, dépassait en précision celle de Google. Mieux, elle est mise à jour en temps réel en ce qui concerne les campements, officiels ou de fortune, les bâtiments effondrés et autres obstacles. Écrans.fr parle de mobilisation et donne tous les détails, c'est stupéfiant et ça donne foi en l'humain et en ses capacités.
Un peu plus technique, les DNS des noms de domaines en .ht, l'équivalent haïtien du .fr, ont pu être sauvés grâce à une mobilisation spontanée de techniciens en plusieurs points du globe. L'histoire, racontée par Stéphane Bortzmeyer (apparemment un admin réseau ou quelque chose approchant), ressemble à une success story de l'Internet, sauf qu'elle est vraie.
Sans aucune directive centrale, ni aucun ordre de qui que ce soit, les responsables DNS de part le monde se sont mobilisés pour remplacer le serveur DNS principal de Port-au-Prince, inaccessible. Aucun responsable local ne pouvait être joint. Stéphane compare cette action à celle des leucocytes dans le corps humain. On peut légitimement se demander si un modèle centralisé aurait produit les mêmes effets.


Commentaires
wow...
- T'as pas internet, mais nous on sais au centimètre près, où tu pourrais aller chercher de l'aide..
- T'as plus de maison, mais on a sauvé le nom de domaine de ton blog..
Si le mec saute pas de joie après de tels annonces...
C'est vraiment triste de voir une telle auto-congratulation aveugle...
Wow...
Elles sont marrantes tes critiques Jérémy, parce que si tu cliques sur le 1er lien de ce billet tu trouveras exactement les mêmes, avec de belles réponses ensuite. J'en reproduis une, juste pour toi :
"La question est franchement idiote. Les gens qui ont travaillé à permettre le fonctionnement du DNS ne seraient pas allés sur place « sauver des vies ». Ils n'auraient d'ailleurs pas pu, vues les extrêmes difficultés de transport. Et ça n'aurait certainement pas été une bonne idée, Haïti a besoin de spécialistes en déblaiement et de médecins, pas d'informaticiens (rappelez-vous que, lors d'une catastrophe, chaque personne qui vient « aider » coûte : il faut la loger, la transporter et la nourrir. Il ne faut donc faire venir que des gens très experts, qui apportent une aide significative, et surtout pas des amateurs, même pleins de bonne volonté.)
À Port-au-Prince, le journaliste Carel Perdre informe toute la planète, notamment via son flux Twitter. Faudrait-il qu'il déblaie les débris, plutôt ? Non, il est journaliste, il fait le travail pour lequel il est expert, c'est ça qui est utile. Même chose pour les gérants de serveurs DNS.
La question aurait été moins idiote s'il y avait eu à faire un arbitrage, un choix entre partir déblayer et rester à reconfigurer des DNS. Mais ce choix n'existe pas."